Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /2009 10:23

Si l’humanité s’apprend...ou bien s’oublie...
La question de l’humanité ne va pas de soi, un homme n’est pas forcément humain.

En effet, il y a l‘espèce humaine qui est définie de manière descriptive à partir de ses caractéristiques tels que la station debout, la locomotion bipède, le langage...
Puis la nature humaine qui désigne l’ensemble des caractères communs à tous les hommes, quelles que soient leurs différences culturelles, ethniques, religieuses...
Et l’attitude humaine, avec un sens de prescription morale ou comportementaliste .
Dans ce sens, l’humanité sert à qualifier une attitude de bonté, de bienveillance et de respect envers les autres. Pour cela, l’autre est reconnu et considéré dans ce qu’il a d’humain, avec ses différences dans son apparence ou sa façon de vivre.

Quels apports culturels nécessite un petit humain pour devenir humain ?

On dira, « l ‘éducation, évidemment ! » Seulement cette éducation n’est pas forcément dispensée ou n’est pas obligatoirement orientée vers les mêmes valeurs selon les époques et les cultures...Humanité, notion relative et évolutive ?

Pour qu’un homme soit humain, on suppose qu’il est doué d’intelligence, de réflexion, d’empathie et qu’il a une conscience du bien et du mal...On sait bien que c’est loin d’être une généralité ! Sinon, il n’y aurait aucun problème.

Ce qui m’intéresse, c’est comment, en certains lieux (milieu carcéral...) ou certaines circonstances (violence ambiante...), on peut régresser jusqu'à atteindre un niveau de barbarie telle qu’on en vient à oublier notre humanité. Pourquoi ? Survivre en milieu hostile ? S’adapter et peut-être même trouver une place qu’on n’avait pas dans un cadre social qui nous a banni.
 
Je pense à une prison Sud-africaine, où les pires criminels sont entassés dans des cellules et livrés à eux même...Là, une hiérarchie  se crée, aussi précise qu’un corps d’armée : il y a un général (appelé  « général ») , des officiers, des sous-officiers et les autres, divisés en plusieurs clans eux même hiérarchisés.
Le général a un droit de vie et de mort sur n’importe qui dans la prison, même les gardiens sont concernés, c’est pourquoi ils se doivent d’être constamment sur leurs gardes car « l’exécution » peut venir de n’importe qui, n’importe où et n’importe quand, une fois qu’elle est prononcée.
Le « général » était interviewé par des journalistes car une nuit, un détenu « condamné » avait été tué par ses co-détenus et son cœur avait été partagé et mangé...Il disait aussi avoir toujours connu la violence, être incarcéré depuis plus de 30 ans et n’avoir jamais reçu d’amour...Il n a pas appris..
L’instinct de survie peut faire oublier toute compassion ou autre qualité humaine ; intégrer un groupe ou suivre un mouvement pour être du bon côté... 


Angélique
Par Café-philo de Poissy
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