Café-débat de Poissy
Restaurant La Mama
le 08 avril à 20H30







"Souriez, vous êtes filmés !
proposé par Jean-Louis
L'amitié
Sous la direction de Pierre Brunel
Éditions Vuibert
Ce livre analyse les trois ouvrages étudiés dans les classes préparatoires scientifiques : l'éthique à Nicomaque d'Aristote ; les faux-monnayeurs d'André Gide ; en attendant Godot de Samuel Beckett.
Le livre d'Aristote est le plus intéressant pour notre débat.
Plusieurs points peuvent alimenter notre réflexion.
L'amitié est une condition nécessaire à une vie réussie, mais une tâche qu'il nous incombe de mener à bien. Ceci à condition que les événements nous soient favorables. La présence d'amis vertueux auprès de celui qui les mérite n'est jamais garantie.
Tout le monde a besoin d'amis. Même les gens comblés par la fortune, ne serait-ce que pour partager leurs richesses.
Le type d'amitié varie avec l'âge, nos amis d'enfance ne sont pas les mêmes que nos amis d'adulte.
L'amitié est basée sur une certaine similitude, on perçoit facilement l'ami car il est un autre nous-même.
L'amitié est basée sur le réciprocité. Il note l'écart entre les protestations d'amitié et les actes qui les démentent ou en révèlent les limites. Il insiste sur la mutualité ; notre amitié ne peut s'adresser qu'à un être qui nous rend la pareille, si on considère les animaux, ce sont « nos amis les bêtes », mais sommes-nous « leurs amis les hommes » ?
Il distingue trois sortes d'amitié : L'agréable, qui nous fait plaisir, par exemple liée à la pratique de la même activité ; l'utile, quand on cultive l'amitié de ceux qui peuvent nous rendre service ; la vertueuse qui consiste à aimer l'autre pour l'amour de lui-même. Seule la dernière sorte caractérise pour Aristote la véritable amitié.
L'amitié est prouvée par des actes et une façon d'être. Les hommes ne sont pas de purs esprits, ils ont une nature concrète, le bien qu'ils poursuivent n'est pas une idée mais une réalité.
L'amitié suppose-t-elle l'égalité ? Est-ce que des statuts sociaux différents nuisent à une amitié ?
Faut-il s'aimer pour aimer ? Aristote propose une comparaison de l'amitié avec autrui et du rapport à soi-même, pour montrer que fondamentalement, nous éprouvons pour nous-même ce que l'on se doit d'éprouver pour son ami.



Puis le silence s'installe et nous sentons circuler entre nous un quelque chose qui tient du proche et de l'infini. Ces amis là nous sont indéfectibles comme nous le sommes et le serons pour eux. La distance ne rompt pas les liens, le temps qui passe les renforce.
En pensant à eux, j'ai écrit ceci:
L'Amitié sait ouvrir la porte
creuser d'un geste doux ce qui pourrait blesser
offrir à l'Ami de passage la chaise qui l'attendait et le verre et le pain
l'Amitié donne son épaule
pleure des mêmes pleurs et rit des mêmes joies
enfante et se souvient
l'Amitié ne ment pas à l'Ami qui se trompe
reçoit ses confidences et les garde au secret
l'Amitié anticipe
elle sent venir de loin les joyeuses tablées assises sous les arbres
aime les mots des branches
et la blancheur des paumes enlacées longtemps
les allées déroulant
reines
une lenteur
jusqu’au seuil où la liesse attend
L'Amitié est confiante lorsque l'Ami s'en va
elle aime ses ailleurs
attend ses autres terres comme on attend le vent
L'Amitié n'attend pas que l'autre soit hurlant
pour donner signe d'elle
et souvent son coeur tremble
et s'apaise et puis tremble
et commet l'inconnu pour sauver ceux qu'elle aime
Quand un Ami la blesse
elle ne juge pas
mais entre en résonance
et dans son coeur lui dit:
Tu es la lueur qui vient
le pays enroulé sous l’automne des arbres
Tu es la lueur qui pose
un vol sombre à la beauté d’insecte
où la fleur des ruines germait
Tu es l’instant muet qui ne s’attarde pas
la caresse légère en voyelles de sable
Tu es l’espace où l’eau
peut suspendre sa course
et regarder sa boue
sans crainte d’une main qui étrangle la source
Tu es l’infiniment
" Un ami me dit " je vais vous écrire, je vais venir vous voir" .. . Il n'écrit pas. Il ne vient pas. Alors? Il m'abandonne? oui, si j'étais abandonnable. Mais si l'ami espéré ne vient pas, il reste pour moi l'ami espéré qui - tout simplement - ne vient pas. Et puis, si l'ami ne vient pas, c'est peut-être parce que notre amitié va tellement de soi qu'il n'est plus besoin de nous en donner des signes. Je dois avouer que, en sauvage que je suis, si j'accueille avec une parfaite égalité d'âme les signes et absences de mes amis, c'est grâce aux livres que j'ouvre et ferme comme je le veux et aux créatures vivantes que sont les arbres, l'eau qui court et le soleil, ce qui compose le spectacle de la nature et ne peut manquer chaque matin de m'inviter à la sérénité." ( extrait de Vivre et philosopher)
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