Café-débat de Poissy
Restaurant La Mama
le 08 avril à 20H30







"Souriez, vous êtes filmés !
proposé par Jean-Louis

Sartre a représenté la figure de l’intellectuel engagé au XXe siècle plus qu’aucun autre, plus que Camus peut-être, avec qui la polémique a été vive, et avec lequel Sartre finira par se brouiller.
Sartre a posé les bases d’une nouvelle philosophie de la liberté et de la responsabilité dans « l’Etre et le néant », ouvrage philosophique assez ardu, qu’il a rendu plus accessible avec « L’existentialisme est un humanisme ». Le maître mot en est « l’existence précède l’essence » : nous sommes ce que nous faisons et décidons et non des êtres dont le destin serait fixé à l’avance.
Cette philosophie qui deviendra un mouvement et un style de vie, repose sur l’idée que la conscience de l’homme introduit au cœur du sujet un hiatus, un espace, un « néant » qui l’empêche de coïncider avec lui-même comme peut le faire un objet. L’homme peut toujours changer d’orientation, poser des choix qui ne sont pas seulement le reflet de son origine et de son milieu. En effet, ce n’est pas parce que vous êtes de parents catholiques, ou communistes, que vous le serez vous-mêmes. Vous pouvez toujours changer de vie.
L’homme, puisqu’il n’est pas guidé uniquement par son instinct, est un être de projets, qui s’engage dans le monde. Il doit se projeter dans le monde car il est libre, et en tant qu’être libre, « il se créé lui même, il crée son être, ses idéaux, ses valeurs par sa seule initiative, d’une manière toute gratuite. »
Il n’y a pas de déterminisme, les motifs qui peuvent inspirer mes actes, par ma capacité à réfléchir et à mettre à distance, peuvent être reconsidérés, et mêmes niés.
Cette philosophie permet donc l’engagement. L’homme doit orienter son existence par son action, lui trouver un sens, ou une raison d’être. Il fait partie d’une communauté humaine dans laquelle il peut agir, ou plutôt il doit agir, car ne rien faire c’est encore faire quelque chose, donner son assentiment aux injustices qui sont commises.
Mais agir, c’est aussi accepter le compromis, et avoir parfois « les mains sales », au même titre que celui qui répare une voiture, prépare la pâte d’une tourte, va se salir les mains. L’homme est un « artisan » qui ne vit pas dans un monde d’idées et d’intentions. C’est aussi la critique d’une certaine philosophie où l’on juge l’acte uniquement par son intention,- si l’intention est pure, l’acte est pur.
C’est pourquoi Sartre a été assez longtemps proche du parti communiste français avec lequel il rompra lorsque l’armée rouge écrasera l’insurrection de Budapest.
Son livre « Les mains sales » qui est une pièce de théâtre, pose la question de l’usage de la violence dans l’action révolutionnaire. La fin justifie-t-elle les moyens ? Ne risque-t-on pas ternir son idéal par les moyens employés pour le réaliser ?
Albert camus, dans une autre pièce, « Les Justes » fera écho à celle de Sartre. A partir d’un fait historique réel, il pose la question de savoir si on peut commettre des crimes au nom d’un idéal sans devenir soi-même un criminel.
Jusqu’où peut-on nier sa pensée et sa liberté au nom d’une cause ?
Bibliographie
L'existentialisme est un humanisme, Folio essais Gallimard.
L'être et le néant, Collestion Tel Gallimard
Les mains sales, Jean-Paul Sartre, Folio Gallimard
Les justes , Albert camus, Folio Gallimard
Pour en savoir plus :
Les douze thèmes principaux de la philosophie existentielle
Une BD amusante sur Sartre et Camus



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