Dimanche 12 octobre 2008 7 12 /10 /2008 19:40

Chez le livre de poche

Nietzsche

La Généalogie de la morale

Introduction, traduction et notes de Patrick Wolting

La quatrième de couverture :


Une histoire généalogique de la morale, de nos “ préjugés moraux ”, tel est le projet auquel s'attelle Nietzsche dans La Généalogie de la morale (1887), un de ses livres les plus importants et les plus célèbres, rédigé à la suite de Par-delà le bien et le mal. Nietzsche renonce ici à l'écriture par aphorisme, et compose son ouvrage en trois dissertations (I. “ Bon et méchant ”, “ bon et mauvais ” ; Il. “ Faute ”, “ mauvaise conscience ” III. “ Que signifient les idéaux ascétiques ? ”) : par cette généalogie des valeurs morales se trouve dévoilé le travail souterrain de la volonté de puissance à l'oeuvre dans l'histoire des hommes.

Ce que Nietzsche offre alors au lecteur qu'il appelle de ses voeux, ce lecteur capable de “ rumination ”, ce sont les moyens de s'affranchir de l'idéal ascétique qui, de la religion, a gagné l'art et la science, pour pouvoir ainsi surmonter le nihilisme contemporain.



C'est un livre relativement facile à lire, mais ce n'est pas immédiat (Nietzsche dit qu'il faut ruminer ses textes). Une introduction importante et de nombreuses notes nous aident dans cette approche.

Pour Nietzsche « les forts », « les maîtres » c'est l'affirmation, l'action spontanée. La force est d'abord la spontanéité de l'agir.

Il est facile de voir comment quelques phrases tronquées, sorties de leur contexte ont pu servir à des idéologies totalitaires. Et on comprend aussi la haine (réciproque) que voue l'église catholique à la pensée de Nietzsche.

Pour lui la morale « judéo chrétienne » a été créée par les faibles pour se protéger des forts et les vaincre, et ceci au grand bénéfice des prêtres.

Ainsi page 103 : « Dans la foi en quoi ? Dans l'amour pour quoi ? Dans l'espérance de quoi ? — Ces faibles — c'est qu'ils veulent eux aussi être un beau jour les forts, cela ne fait aucun doute, il faudra qu'un beau jour vienne leur « royaume » à eux aussi — chez eux, cela s'appelle « le royaume de Dieu ». ».

On le sent marqué à la fois par la théorie darwinienne et par la victoire totale de l'Allemagne sur la France en 1870.

On peut contester ses idées, car les forts sont-ils toujours forts ? Les faibles sont-ils toujours faibles ? Les créateurs sont-ils toujours créatifs ? Et son dégoût de la maladie était-il prémonitoire lui qui vivra 12 ans aliéné (Ce livre est écrit l'avant-dernière année de sa vie consciente). Mais on peut aussi se demander si par exemple Mozart n'est pas très (plus) important pour l'humanité ?


En tous les cas Niezsche avait sur notre prochain thème : « Morale de qui » une réponse tranchée.


Jean-Louis


 

Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Comment agir et suivant quels principes?
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