Philopiste

Souriez, vous êtes filmé ! (ou la dérive sécuritaire)

 

            Le désir de discuter de ce sujet m'est venu en regardant une série télévisée : « FBI porté disparu », où il suffit que les policiers se procurent le moindre détail sur une personne pour tout savoir sur elle immédiatement. Depuis son premier rhume jusqu'au repas de la veille au soir, en passant par l'ensemble de ses communications téléphoniques. Tout ceci pour le bien des honnêtes gens.

            Donc, les questions que nous pourrions nous poser sont : de quelle sécurité avons-nous besoin ; à quel coût, pour notre vie privée et notre liberté ; et assurée par qui ?

            Un philosophe anglais du XVII° siècle, Hobbes, répond à cette question dans son livre : « le Léviathan ». Pour lui, les hommes sont en lutte tous contre tous, d'où l'expression : « L'homme est un  loup pour l'homme ». Et la seule possibilité d'assurer notre sécurité, c'est de se mettre sous la protection d'un puissant et de ce fait lui abandonner tous nos droits. Il va sans dire que Hobbes était partisan de la monarchie absolue.

            A la même époque un autre philosophe, Locke , est un promoteur du libéralisme politique, où le roi est soumis aux lois, et où la sécurité de la nation est assurée par le parlement. Si nous prenons deux siècles plus tard l'ouest des États-Unis :  au début chacun se défend le colt à la main ; mais après des shérifs sont chargés d'assurer l'ordre, ils sont élus et révocables par la population. C'est dans ce pays qu'en 2001 le USA Patriot act est voté. Il oblige toute personne, physique ou morale à communiquer au FBI les renseignements qu'il demande sans en informer la personne concernée (200 000 cas entre 2003 et 2006).

            De quelle sécurité avons-nous besoin ? Comment hiérarchiser les dangers qui nous menacent ? Pourquoi certains faits sont-ils montés en épingle ?

            Il est évident que nous avons besoin de sécurité, comme disait le rat des champs : « Fi d'un plaisir que la peur peut corrompre ». Mais une sécurité absolue est-elle nécessaire, est-elle possible ? Devons-nous nous assurer contre tout : la neige en hiver , le soleil en été ?            

            Qui menace le plus ma vie ? Le délinquant relâché par un juge obligatoirement laxiste, ou le conducteur inattentif lorsque j'essaie de traverser une rue à Paris ? Il n'y a pas très longtemps, il y avait en France 12 000  morts par an sur les routes (en moyenne plus de 30 par jours, dont bon nombre d'enfants) et l'on considérait cela comme une fatalité inévitable, mais lorsque qu'un enfant a été enlevé et tué par Patrick Henry, Roger Gicquel  ouvre son journal par la phrase :  « La France a peur ».

            La peur permet-elle de vendre plus de journaux ? De faire accepter des lois plus coercitives ? Les violences dans les lycées existent tout au long de l'année, avec généralement une pointe en décembre. Mais, avant noël, les médias pensent à autre chose. Survient un creux dans l'actualité, et tout d'un coup, les lycées sont à feu et à sang. A ce sujet lire l'article de Daniel Schneidermann  dans le journal libération du 22 février 2010 : « La violence scolaire, une valeur en hausse ».

            Comment sommes-nous surveillés ? Avec quelle efficacité ? Et avec quels dangers ?

            Les possibilités de surveillance progressent au rythme de l'informatisation de la société. La carte bancaire indique ce que vous avez consommé, où et quand. Un reportage à la télévision montrait un banquier utilisant ces informations pour décider ou non d'accorder un prêt. Il y a aussi téléphone portable qui indique non seulement l'historique de vos communications mais aussi le lieu où vous êtes. Deux journalistes anglais ont fait une expérience : l'un, grâce à un logiciel et au numéro du portable de l'autre, a pu le suivre dans ses déplacements toute une journée à cinquante mètres près. Les puces RFID qui se généralisent, par exemple dans le passe navigo, permettent de contrôler en temps réel l'activité de la personne. Les caméras de surveillance, présentées comme la panacée de la sécurité, se multiplient au grand bénéfice des fournisseurs. Par exemple, à Londres, qui est en pointe sur ce sujet, un londonien peut-être filmé jusqu'à 300 fois dans une journée (une fois toutes les une ou deux minutes). Mais si l'on veut surveiller les millions de Londoniens, il faut combien de personnes derrière les écrans des caméras ? Lors des attentats de Londres, la police a pu rapidement retracer le trajet des poseurs de bombes, mais elle n'a pas pu prévenir l'attentat. Les caméras que l'on met dans les lycées augmentent-elles la sécurité ou la bonne conscience des décideurs ? Vont-elles empêcher le racket, l'intimidation, ou seulement les tags effectués en face de la caméra ? Plus la masse d'information augmente, plus elle est difficile à gérer. Récemment un Nigérian a essayé de faire exploser un avion avec des explosifs cachés sur lui. Or son père l'avait signalé aux autorités américaines. Malgré cela, il a pu embarquer. On va donc surveiller des millions de passagers et laisser passer des cas évidents. Peut-on dire que trop d'information tue l'information ?

            Mais le progrès est en marche. Les nanotechnologies arrivent. Alex Turk, président de la commission informatique et liberté déclare (libération du 25 février) : « Serons-nous capables de renoncer ou d'interdire des applications ? Lorsque les systèmes d'observation et d'écoute deviendront invisibles, comment serons-nous certains d'être seuls ? Il faut vraiment y réfléchir car cela sera irréversible ».

            Qui a le droit de nous surveiller ? Qui contrôle les surveillants ? Quelles possibilités avons nous d'accéder aux informations collectées sur nous ?

            Au prétexte de quelques cas fortement médiatisés, on laisse les autorités fouiller à loisir dans notre vie privée. Avec la justification mille fois répétée : «  Si vous n'avez rien à vous reprocher, vous ne risquez rien ». Est-on obligé d'avoir une vie sans tache ? Si monsieur X est rentré chez lui un peu éméché il y a trente ans n'a-t-il pas le droit à l'oubli ?

            Est-on obligé d'être transparent ? Dans le sabotage des TGV, un policier a dit que Julien Coupat était suspect car il n'avait pas de téléphone portable. Autrement dit, il n'était pas possible de surveiller ses déplacements.

            Dans une petite communauté, un village par exemple, tout le monde se connaît et sait tout sur les activités de l'autre. Ceci n'est peut-être pas plaisant, mais c'est réciproque ; je peux surveiller mon surveillant. Or maintenant certains s'arrogent le droit de surveiller et d'autres n'ont que le droit d'être surveillés « big brother vous regarde ».

            Il est toujours affirmé que toutes ces informations ne sont consultables que par la justice et la police. Ceci est bien sûr faux ; il peut toujours y avoir des fuites. Par exemple, lors de la dernière campagne électorale pour les régionales en Ile de France, des candidats du Val-d'Oise ont divulgué des informations confidentielles sur un concurrent, certaines provenant des fichiers de la police, d'autres de la justice. 

            Et si ses informations sont fausses ? Comment les faire rectifier ? Comment vérifier que la rectification a été faite ? Supposons que j'aie un homonyme qui soit bien connu des services de police, serai-je continuellement en butte à toutes les suspicions ?

            Comment faire pour effacer les informations vraies ou fausses présentes sur internet ? Un recruteur doit-il tout savoir de moi ? Si j'ai imprudemment mis des textes ou des photos, sur internet suis-je obligé d'en pâtir toute ma vie ?

           

            Toutes ces questions peuvent alimenter notre réflexion en vue de notre réunion du 8 avril 2010

 

                                                                                                Jean-Louis

 

Quelques livres qui m'ont aidé à préparer ce texte :

 

La frénésie sécuritaire (retour à l'ordre et nouveau contrôle social)

sous la direction de Laurent Mucchielli aux éditions La découverte.

Sous surveillance (démêler le mythe de la réalité)

de Françoise le Blomac et Thierry Rousselin aux éditions Les cahiers de l'info.

La globalisation de la surveillance (aux origines de l'ordre sécuritaire)

d'Armand Mattelart aux éditions La découverte.

La démocratie post-totalitaire

de Jean-Pierre Le Goff aux éditions La découverte.

Touche pas à ma vie privée Que choisir numéro spécial septembre 2009.


    

Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /2009 22:07

Contre

Pour

Respecter le cheminement de la personne et les temps de l’existence:

Le malade peut désirer la mort tel jour, et pas du tout la lendemain. Le désir de mourir est rarement constant, et des malades peuvent  arriver avec le désir d'en finir au plus vite, et finalement se retrouver "dans le déni", c'est à dire nier ou ignorer leur maladie..

Les accompagnants en soins palliatifs sont athées pour une grande part et s’engagent à ne faire aucun prosélytisme. Donc pas d’optique religieuse.

 

 

 On respecte le choix du malade qui a la possibilité de se rétracter jusqu’au bout, et de changer sa décision.

Vivre convenablement, entouré de sa famille et de ses amis et ensemble, ces moments difficiles de l'arrachement à la personne mourante. Ce "travail de mort", aussi bien dans la vie du mourant que dans celle des familles, est à préserver . Inversement, dans le cas de l'euthanasie, il est beaucoup plus difficile aux proches de faire leur "travail de deuil".

Un congé d’accompagnement existe maintenant pour les proches afin d’accompagner les mourants.

 

La décision du malade peut avoir été discutée auparavant avec sa famille, les adieux avoir été faits ; la famille étant présente pour accompagner le mourant dans le meilleur des cas. Cela permet d’avoir le temps de faire ses adieux et de faire venir ses proches.

Dans la plupart des cas cependant, la famille ne peut être présente longtemps au chevet du malade qui peut mourir n’importe quand car la mort ne dit ni le jour ni l’heure.

 

Il existe une transcendance.

L’Homme a été créé par Dieu. Opinions religieuses.

 

 

Il n’y a pas de Dieu qui nous oblige.

Ce sont les Hommes qui pensent rapporter la volonté de Dieu. Evangiles écrits par les Hommes , pas par Dieu. (agnostiques, libres penseurs, athées)

 

     Je ne suis pas vraiment libre.Je suis né sans l'avoir demandé, dans une famille que je n'ai pas choisie ; je suis un garçon, ce n'est pas de ma faute ; je suis né dans tel pays ... Donc je ne peux pas plus choisir ma mort que je n’ai choisi ma vie.

 

 La vie est le bien suprême. Elle a une valeur en soi. La vie est sacrée.

La figure de l’homme qui veut exister, en participant à quelque chose qui le dépasse, la vie ou l’amélioration de la vie.

 

 

Le bien suprême est la liberté. Pas de religion de la vie.

Une conception stoïcienne, selon laquelle l’homme ne rencontre pas sa mort passivement, mais dispose de lui-même : la mort est alors un acte de la vie. 

Volonté d’être le maître jusqu’au bout.

 

 

 

Commandements de Dieu.

 

 

Liberté de l’individu qui se soumet à la loi de sa propre volonté, éclairée par la raison (Héritage de Kant – la loi morale = autonomie de l’individu.). Droit de l’individu de décider de sa propre mort et de disposer de son corps.

En créant l’humain libre, Dieu lui donne la possibilité, voire le droit de décider du moment et de la modalité de sa mort. (Lytta Basset, revue Agora)

 

 

Lois des Hommes, de la communauté dans laquelle on vit. Solitude du moi coupé de sa communauté. Responsabilités qui dépassent la compétence d’un individu. Doit faire appel à d’autres (médecins etc)

Homicide interdit ainsi que l’incitation au suicide.

 

 

Individualisme et libéralisme. Vie privée/vie publique (l’Etat n’intervient pas donc minimum de lois pour me contraindre). Benjamin Constant.

Mais meurtre interdit.

 

Sixième commandement : tu ne tueras point.

Préservation de l’intégrité du corps médical qui ne peut donner la mort (Hans Jonas).

Devoir de secourir autrui, serment d’Hippocrate, code de déontologie médicale.

Droits du malade, loi Léonetti afin de

Décider d’interrompre un traitement ou de recevoir des médicaments qui tout en soulageant la souffrance peuvent donner la mort.

 

Oblige le patient à utiliser des moyens terribles et à vivre ses derniers instants dans la violence et dans l’angoisse car on ne dispose pas des produits qui permettraient de mourir sans souffrance. (voir demande de Chantal Sébire). Parfois, maladies qui ne permettent pas de se donner la mort seuls. (Locked-in syndrom, cas de tétraplégies). Cas des patients dans le coma.

Kafka : « Si vous ne me tuez pas, vous êtes un assassin. »

 

 

L’euthanasie est proche de l’eugénisme, risque de dérives, éliminer les vieux, les malades, les handicapés. Le patient n’a pas le droit de demander au médecin un tel acte.

Risque également de pression sur les malades dont l’agonie n’est pas assez rapide. Risque également d’euthanasie sauvage, sans le consentement du malade.

Une loi n'est bonne que si on ne peut pas la détourner à des fins inavouables, et peut on être sur que cela n'arriverait pas, même en "régulant"?

 

Une législation précise et rigoureuse et respectueuse des droits des malades évite l’euthanasie sauvage, non voulue par les patients qui existe déjà dans les hôpitaux. 75 pour cent des personnes meurent à l’hôpital, donc nouveau pouvoir du médecin.

Plutôt que de laisser des pratiques dangereuses se développer dans l’ombre, il vaut mieux réguler.

Il n’existe aucune loi qui ne puisse être détournée. La loi ne prescrit pas la nature du crime ou du délit.  La loi dit ce qui est interdit et non ce qui est permis.

Les soins palliatifs permettent d’adoucir l’agonie du malade qui est entouré par des bénévoles , une psychologue, une coiffeuse.

Ce système permet de profiter de sa fin de vie.

 

Seuls 10 pour cent des malades qui en auraient besoin bénéficie de ces soins.

Les soins palliatifs prolongent l’agonie.

 

La souffrance et la mort sont dans l’ordre naturel des choses. Il faut apprendre à gérer la souffrance.

L’homme est autant façonné par la culture que par la nature. Part de l’inné et de l’acquis. La part de l’apprentissage et de l’acquis est très importante. L’Homme échappe à la nature donc à la nécessité par sa liberté.

 

Par Café-philo de Poissy
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Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /2009 21:44

Jeudi 12 mars, un "bénévole d'accompagnement en soins palliatifs"
dans une unité de soins palliatifs à la maison médicale Jeanne Garnier, interviendra lors de notre séance pour un exposé sur ce sujet.


Présentation de cette unité :

 

 

 

Etre bénévole d’accompagnement dans une unité de soins palliatifs telle que la maison médicale Jeanne Garnier, c’est vivre au plus près et souvent dans l’intimité de certains malades et donc pouvoir approcher « leur » ressenti, « leurs » angoisses, « leurs » besoins, c’est-à-dire leur « ici et maintenant » avec tout ce que cela comporte d’inconnu et d’incertain.

 

La définition des soins palliatifs éclaire parfaitement ce qui se met en place autour du malade :

 

« Les soins palliatifs sont des soins actifs et continus pratiqués par une équipe interdisciplinaire en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage. »

 

Demeurer à l’écoute du malade, c’est prendre conscience d’un certain nombre de ses besoins essentiels. Les prendre en compte, essayer d’y répondre peut permettre de donner des éléments de réponse à cette question existentielle.

 

Sans qu’il puisse y avoir un ordre d’importance ou de grandeur – parce que toutes ces demandes apparaissant à des moments différents sont intimement liées et découlent les unes des autres – le malade en fin de vie attend de ceux qui l’entourent :famille, amis, équipe médicale, bénévoles :

 

La reconnaissance et le respect :

 

► de ce qu’il est fondamentalement : une personne à part entière, avec ses qualités et ses défauts,  ses différences, et une histoire personnelle et familiale qui nous est inconnue (la maladie peut avoir provoqué, au fil du temps, une exclusion sociale, professionnelle, parfois même familiale).

 

 

►de ce qu’il vit : ses angoisses, ses souffrances physiques et psychiques

Soulager la douleur physique est sans doute la demande primordiale permettant d’améliorer le confort et la qualité de vie.

 

Mais il est tout aussi important de permettre au malade d’exprimer son angoisse face à l’inconnu de la mort, la douleur de la séparation d’avec les siens, l’humiliation de la détérioration physique et de la perte d’autonomie afin qu’il ne vive pas ses souffrances  dans la solitude et l’abandon.

 

 

LES MALADES EN FIN DE VIE NOUS APPRENNENT …..

 

Si nous savons écouter, entendre et comprendre, sans jugement, sans a priori, sans interventionnisme, mais avec respect et humilité, certains malades en fin de vie nous rappellent l’importance d’un regard, d’un geste, d’un silence, d’une parole qui peuvent être porteurs d’une dimension spirituelle et affective insoupçonnée.

 

La fin de vie, c’est encore et toujours de la vie ….

 

Alors, ces malades si fragiles, si faibles, nous apprennent qu’ils aiment se sentir utiles, s’intéresser à ce qui les entoure, faire des projets, apprécier ce qui leur permet d’élargir leur horizon, découvrir des domaines inconnus (arthérapie …), réfléchir et chercher à donner du sens à cette fin de vie.

 

Enfin, certains malades – par leur maturation psychique au fil des épreuves qu’ils affrontent – nous donnent des leçons inoubliables d’amour, de courage et de lucidité.

 

 

 

CONCLUSION

 

Témoignage de Martine Nahmani-André

(Colloque sur les soins palliatifs – Paris 9 mai 2006 )

 

« Ma fille, Elodie, est décédée au sein de la Maison Médicale Jeanne Garnier, il y a un an et demi, après deux ans de longue maladie. Après de nombreux hôpitaux, nous avons eu la chance d’arriver dans un lieu de douceur et de paix, qui permet à la famille de se reposer et de rencontrer véritablement le malade. La qualité du personnel soignant permet de préparer le départ.

 

La Maison nous a épaulés et nous a évité de commettre des erreurs importantes. Ma fille a émis la volonté que je témoigne pour que ces unités perdurent. Cette Maison a changé notre vie : le deuil de mes petits enfants a été beaucoup moins difficile. Elodie devenait paraplégique et appelait de ses vœux une euthanasie. L’écoute du personnel nous a permis de comprendre qu’il fallait consacrer du temps au départ. Ainsi, Elodie a pu faire tout ce qu’elle avait à faire : écrire un roman, faire son testament, préparer son enterrement… » 

 

Par Café-philo de Poissy
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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /2009 21:35
     Je ne voulais pas être comme ça! Je ne me voyais pas devenir celle là ! 

    Quand j'étais petite fille, je m'imaginais avec des chaussures à talon, le must de la féminité pour moi! Je ne les ai pas portés longtemps les talons...Déjà, à 22 ans, quand j'ai su, mes préoccupations sont devenues moins légères. Mais c'est agréable la légèreté...J'ai arrêté d'être légère et ma féminité a pris une grosse claque!

     La démarche lente, lourde, pénible, douloureuse, fragile, claudiquante , c'est mon quotidien! Et encore, si je marche : ça dépend des moments de la journée, voir même des jours. Et puis cette fatigue persistante parfois un réel épuisement.

    

J'ai 30 ans et je suis équipée d'une canne pour dehors, d'un déambulateur pour le travail et d'un fauteuil roulant pour les sorties excédant un périmètre de 500 mètres sinon, à la maison je rase les murs ou je me tiens aux meubles pour me déplacer. Evidemment, je ne peux pas toujours me déplacer et je ne peux pas l'anticiper.



     Mais bon, ça va quand même et puis je ne suis plus seule...Avant, c'était bien plus galère!

     En plus, depuis que j'ai le fauteuil, j'ai gagné une liberté que j'avais perdue depuis 10 ans! Cela semble paradoxal mais à deux, le fauteuil roulant peut jusqu'à un certain niveau de handicap, n'être qu'un véhicule. La tête de certains quand je m'en lève!

     Il n'y a pas que la marche qui fout le camp! Je ne développerai pas les problèmes d'écriture, sphinctériens, toutes les sensations bizarres ou douloureuses, les tremblements des mains , de la tête, les petites paralysies faciales, les traitements ainsi que leurs effets secondaires et bien entendu les états d'âme.
C'est même le plus difficile à vivre pour lui et pour moi.! 

     L'aspect physique de la maladie peut rester gérable, enfin à peu près mais le mental, c'est ce qui fait que je reste moi! Et il ne suit pas toujours...et c'est un cercle vicieux parce que moins j'ai le moral, plus je vais mal physiquement! Toujours cette relation corps-esprit.
     Dans ma vie privée, je peux m'arranqer avec tout ça, et puis je suis entourée de personnes bienveillantes et puis je suis quand même heureuse mais au travail, c'est une autre histoire! Il faut rentrer dans le moule sinon ça provoque des tensions.

    Handicapée, d'accord, tant que tu fais ton travail et que tu ne nous en donnes pas plus et que tu es de bonne humeur tous les jours! Il faut presque essayer de faire oublier son handicap pour ne pas gêner et pour cela, il faut souvent surjouer pour s'adapter!

     Je me sens entre deux mondes: pas comme vous mais pas entièrement immobilisée...C'est difficile de s'assumer.
Mon médecin m'a dit "vous ne serez jamais aussi bien que maintenant à moins que l'on ne trouve un produit miraculeux",  " un nouveau traitement devrait sortir d'ici un ou deux ans"...

   Comme si j'avais le temps d'attendre un ou deux ans! Chaque jour compte et je profite intensément de chaque jour quand je le peux! La vie c'est précieux! Tout peut basculer...Dans mes moments d'abattement, je ne me supporte plus comme ça et l'horizon me paraît bouché. Je voudrais tout arrêter ou redevenir comme avant! 

     Si mon état devient intolérable un jour, autant en finir! Je n'ai pas choisi d'être comme ça. Je pourrai au moins choisir de prendre le droit de mourir et selon ma volonté.

ANGELIQUE
Par Café-philo de Poissy
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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /2009 10:14



                L’euthanasie active ou directe consiste à hâter la mort de quelqu’un en lui administrant une potion mortelle pour l’arracher à des souffrances présentes ou à venir.

 

         L’euthanasie volontaire : est faite à la demande du patient ou de sa famille ou sous la seule responsabilité du médecin ou du tiers qui l’effectue (exemples de coma).

 

         Suicide médicalement assisté : Quand le patient n’est pas en mesure de se donner la mort tout seul, il doit faire appel à un tiers. S’il s’agit d’un médecin, on parle de suicide médicalement assisté. C’est le cas où c’est le malade lui-même qui agit.

 

         Euthanasie directe et volontaire ou aide active à mourir:  Si c’est le médecin ou une tierce personne qui opère.

 

       L’arrêt thérapeutique : Il consiste à rejeter ou à suspendre un traitement destiné à assurer la survie des patients. Il s’agit de « laisser mourir ».

L’acharnement thérapeutique consiste dans le recours abusif à des traitements douloureux.

 

Déontologie médicale : CODE DE DEONTOLOGIE MEDICALE

figurant dans le Code de la Santé Publique

sous les numéros R.4127-1 à R.4127-112

(mise à jour du 14 déc. 2006)

Article 36 (article R.4127-36 du code de la santé publique)

Le consentement de la personne examinée ou soignée doit être recherché dans tous les cas.

Lorsque le malade, en état d'exprimer sa volonté, refuse les investigations ou le traitement proposés, le médecin doit respecter ce refus après avoir informé le malade de ses conséquences.

Si le malade est hors d'état d'exprimer sa volonté, le médecin ne peut intervenir sans que ses proches aient été prévenus et informés, sauf urgence ou impossibilité.

Les obligations du médecin à l'égard du patient lorsque celui-ci est un mineur ou un majeur protégé sont définies à l'article 42.

Article 37 (article R.4127-37 du code de la santé publique)

I. - En toutes circonstances, le médecin doit s'efforcer de soulager les souffrances du malade par des moyens appropriés à son état et l'assister moralement. Il doit s'abstenir de toute obstination déraisonnable dans les investigations ou la thérapeutique et peut renoncer à entreprendre ou poursuivre des traitements qui apparaissent inutiles, disproportionnés ou qui n'ont d'autre objet ou effet que le maintien artificiel de la vie.

« II. - Dans les cas prévus aux articles L. 1111-4 et L. 1111-13, lorsque le patient est hors d'état d'exprimer sa volonté, le médecin ne peut décider de limiter ou d'arrêter les traitements dispensés sans avoir préalablement mis en oeuvre une procédure collégiale dans les conditions suivantes :

« La décision est prise par le médecin en charge du patient, après concertation avec l'équipe de soins si elle existe et sur l'avis motivé d'au moins un médecin, appelé en qualité de consultant. Il ne doit exister aucun lien de nature hiérarchique entre le médecin en charge du patient et le consultant. L'avis motivé d'un deuxième consultant est demandé par ces médecins si l'un d'eux l'estime utile.

« La décision prend en compte les souhaits que le patient aurait antérieurement exprimés, en particulier dans des directives anticipées, s'il en a rédigé, l'avis de la personne de confiance qu'il aurait désignée ainsi que celui de la famille ou, à défaut, celui d'un de ses proches.

« Lorsque la décision concerne un mineur ou un majeur protégé, le médecin recueille en outre, selon les cas, l'avis des titulaires de l'autorité parentale ou du tuteur, hormis les situations où l'urgence rend impossible cette consultation.

« La décision est motivée. Les avis recueillis, la nature et le sens des concertations qui ont eu lieu au sein de l'équipe de soins ainsi que les motifs de la décision sont inscrits dans le dossier du patient. »

Article 38 (article R.4127-38 du code de la santé publique)

Le médecin doit accompagner le mourant jusqu'à ses derniers moments, assurer par des soins et mesures appropriés la qualité d'une vie qui prend fin, sauvegarder la dignité du malade et réconforter son entourage.

Il n'a pas le droit de provoquer délibérément la mort.

Par Café-philo de Poissy
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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /2009 11:50





Le débat autour de l’euthanasie est aussi un débat entre les tenants de deux mouvements, ceux des soins palliatifs et ceux de l’ADMD (Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité).

« Précision du programme national de développement des soins palliatifs en 2002

Les soins palliatifs et l’accompagnement concernent les personnes de tous âges atteintes d’une maladie grave, évolutive mettant en jeu le pronostic vital, en phase avancée ou terminale. Ces personnes peuvent souffrir d’un cancer, d’une maladie neurologique dégénérative, du sida ou de tout autre état pathologique lié à une insuffisance fonctionnelle décompensée (cardiaque, respiratoire, rénale) ou à une association de plusieurs maladies. Les soins prodigués visent à améliorer le confort et la qualité de vie et à soulager les symptômes : ce sont tous les traitements et soins d’accompagnement physiques, psychologiques, spirituels et sociaux envers des personnes et leur entourage. »

 

« Article 1er de la loi n°99-477 dite « loi de 1999 »

Livre préliminaire

Droits de la personne malade et des usagers du système de santé

Titre 1er : Droits de la personne malade :

Art. L.1er A. – Toute personne malade dont l’état le requiert a le droit d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement.

Art. L.1er B. – Les soins palliatifs sont des soins actifs et continus pratiqués par une équipe interdisciplinaire en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage.

Art. L.1er C. – La personne malade peut s’opposer à toute investigation ou thérapeutique »

 

 

La Société Française d'Accompagnement et de Soins Palliatifs définit ainsi ses objectifs :

A quelles conceptions éthiques se réfèrent les soins palliatifs et l’accompagnement ?

« Les soins palliatifs et l'accompagnement considèrent le malade comme un être vivant, et la mort comme un processus naturel. Ceux qui dispensent des soins palliatifs cherchent à éviter les investigations et les traitements déraisonnables (communément appelés acharnement thérapeutique). Ils se refusent à provoquer intentionnellement la mort. Ils s'efforcent de préserver la meilleure qualité de vie possible jusqu'au décès et proposent un soutien aux proches en deuil. Ils s'emploient par leur pratique clinique, leur enseignement et leurs travaux de recherche, à ce que ces principes puissent être appliqués. »

 

Il existe trois types de structures de soins palliatifs :

  • Les Unités de Soins Palliatifs (USP) sont des structures d’hospitalisation constituées de lits totalement dédiés à la pratique des soins palliatifs et de l’accompagnement, d’environ 10 lits,  accueillant pour une durée limitée les patients en soins palliatifs.
  • Les équipes mobiles de Soins Palliatifs (EMSP). La mission des EMSP concerne : la prise en charge globale du patient et de son entourage familial, la prise en charge de la douleur et des autres symptômes, l’accompagnement psychologique et psychosocial, le rapprochement, le retour et le maintien à domicile, la sensibilisation aux soins palliatifs et à la réflexion éthique.
  • Les lits identifiés en soins palliatifs (officiellement appelés prise en charge identifiée de malades en soins palliatifs hors USP) sont des lits situés au sein d’un service d’hospitalisation.

Vous trouverez sur le site de la SFAP(La Société Française d'Accompagnement et de Soins Palliatifs) , tous les renseignements complémentaires.

 

Les positions de Marie de Hennezel :

 

-          Selon elle, des confusions sont à éviter dans le domaine du traitement de la douleur : « Arrêter un traitement ou administrer à hautes doses des antalgiques ou des sédatifs dans l’intention de soulager, même au risque d’écourter la vie, ce n’est pas de l’euthanasie. » (Nous ne nous sommes pas dit au revoir, édition Robert Laffont )

-         Il y a une nette différence entre la pratique du « cocktail lytique » qui vise à « déconnecter » un patient pour le faire mourir, et celle du sommeil induit qui vise à soulager le patient. « Le sommeil induit est éthiquement acceptable, parce que la personne endormie reste une personne vivante, susceptible de percevoir la présence des autres et d’être sensible à leur contact. »

-         La plupart des malades souhaitent surtout être informés de l’évolution de leur maladie , du pronostic et pouvoir discuter avec les médecins des thérapeutiques proposées.

 

-         Les patients doivent pouvoir exercer leur autonomie même si cela consiste en de petites choses « comme d’exprimer son besoin de dormir, ou de rester seul, ou au contraire d’avoir à leur côté une présence ».(page 39)

-          

Pourquoi les USP ne sont-elles pas plus développées ?

Elle dénonce le manque de formation des médecins dans le traitement de la douleur, souligne le fait que l’approche de la mort, en dehors de compétences purement techniques demande « un véritable humanisme, des qualités d’écoute et de cœur, une sagesse, une capacité de discernement. »(p86)

 

La structure hospitalière peut-elle à elle seule répondre à tous les besoins ?

 

Non. Une société toute entière ne peut se défausser sur les médecins de sa responsabilité dans l’accompagnement des malades en fin de vie. Il s’agit alors de provoquer une véritable mutation dans le regard qui est porté sur la mort, « de développer une culture de la mort et du mourir, de recréer des réflexes de solidarité ». (p 93)

 

Le médecin tout-puissant, ayant pouvoir sur la vie et la mort : le mythe d’Asclépios

 

Asclépios est le dieu de la médecine dans l’antiquité grecque. Il est fils d’Apollon, confié par son père au centaure Chiron qui lui apprend le don de guérir et de soulager . au fil du temps, son habileté se développant, il réussit à rendre la vie aux morts. L’ordre du monde est alors menacé et Zeus décide de foudroyer Asclépios (p 161).

Ce mythe dit bien le danger qu’il y aurait à donner trop de pouvoir au médecin en légalisant l’euthanasie.

 

Soulager l’angoisse face à la mort

 

Les anthropologues et ethnologues rapportent souvent de nombreuses pratiques ou le mourant est cajolé, bercé, touché et caressé par sa famille, qui l’aide ainsi à se détendre et à retrouver quelque chose d’une « sécurité primaire, archaïque »  grâce à « un corps-à-corps, un contact enveloppant », mais « ce remède-là n’est pas autorisé à l’hôpital. »p 202

 

La limite : « tu ne tueras pas »

 

L’auteur rapporte l’entretien qu’elle a eu avec Eric Fuchs, professeur d’ éthique à la faculté protestante de Genève, qui donne une interprétation intéressante de la loi divine « Tu ne tueras pas ».

La limite est posée : nous n’avons pas le droit d’attenter à la vie d’autrui.

« mais la loi nous rend attentif à la vie d’autrui », ce qui consiste parfois « jusqu’à violer la loi, mais ce sont des cas limites, où au nom de l’exigence de la loi, on peut aller contre la lettre de la loi ».

 

 

Je pense que c’est le débat entre ces deux camps, débat parfois virulent, qui a fait avancer les choses, qui a permis le développement des soins palliatifs, et un meilleur traitement de la douleur. Les craintes soulevées par une législation qui permette une aide active à mourir, est qu’elle soit l’occasion de pressions très fortes sur les malades (celle des familles parfois) afin qu’ils décident de mourir, qu’elle multiplie les euthanasies sauvages (ce qui semble être dénoncé eaux Pays-bas ),  qu’elle stoppe indirectement le développement des soins palliatifs qui coûtent cher et n’ont pas de rentabilité en terme de guérison, qu’il n’y ait plus l’écoute nécessaire auprès des grands malades, qui demandent parfois à mourir parce qu’ils sont en pleine détresse et ne savent ou n’osent pas dire leur besoin de tendresse et de réconfort face à l’angoisse que provoquent la douleur et l’approche de la mort.

 

C’est en considérant tous ces arguments que chacun pourra se faire son opinion.


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Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /2009 12:15
Par Café-philo de Poissy
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Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /2009 12:06

Contre

Pour

 

Il existe une transcendance.

L’Homme a été créé par Dieu.

 

 

Il n’y a pas de Dieu qui nous oblige.

Ce sont les Hommes qui pensent rapporter la volonté de Dieu. Evangiles écrits par les Hommes , pas par Dieu. (agnostiques, libres penseurs, athées)

 

     Je suis né sans l'avoir demandé, dans une famille que je n'ai pas choisie ; je suis un garçon, ce n'est pas de ma faute ; je suis né dans tel pays ... Donc je ne peux pas plus choisir ma mort que je n’ai choisi ma vie.

 

 La vie est le bien suprême. Elle a une valeur en soi. La vie est sacrée.

La figure de l’homme qui veut exister, en participant à quelque chose qui le dépasse, la vie ou l’amélioration de la vie.

 

 

Le bien suprême est la liberté. Pas de religion de la vie.

Une conception stoïcienne, selon laquelle l’homme ne rencontre pas sa mort passivement, mais dispose de lui-même : la mort est alors un acte de la vie. 

Volonté d’être le maître jusqu’au bout.

 

 

 

Commandements de Dieu.

 

 

Liberté de l’individu qui se soumet à la loi de sa propre volonté, éclairée par la raison (Héritage de Kant – la loi morale = autonomie de l’individu.). Droit de l’individu de décider de sa propre mort et de disposer de son corps.

En créant l’humain libre, Dieu lui donne la possibilité, voire le droit de décider du moment et de la modalité de sa mort. (Lytta Basset, revue Agora)

 

 

Lois des Hommes, de la communauté dans laquelle on vit. Solitude du moi coupé de sa communauté. Responsabilités qui dépassent la compétence d’un individu. Doit faire appel à d’autres (médecins etc)

Homicide interdit ainsi que l’incitation au suicide.

 

 

Individualisme et libéralisme. Vie privée/vie publique (l’Etat n’intervient pas donc minimum de lois pour me contraindre). Benjamin Constant.

Mais meurtre interdit.

 

Sixième commandement : tu ne tueras point.

Préservation de l’intégrité du corps médical qui ne peut donner la mort (Hans Jonas).

Devoir de secourir autrui, serment d’Hippocrate, code de déontologie médicale.

Droits du malade, loi Léonetti afin de

Décider d’interrompre un traitement ou de recevoir des médicaments qui tout en soulageant la souffrance peuvent donner la mort.

 

Oblige le patient à utiliser des moyens terribles et à vivre ses derniers instants dans la violence et dans l’angoisse car on ne dispose pas des produits qui permettraient de mourir sans souffrance. (voir demande de Chantal Sébire). Parfois, maladies qui ne permettent pas de se donner la mort seuls. (Locked-in syndrom, cas de tétraplégies). Cas des patients dans le coma.

Kafka : « Si vous ne me tuez pas, vous êtes un assassin. »

 

 

L’euthanasie est proche de l’eugénisme, risque de dérives, éliminer les vieux, les malades, les handicapés. Le patient n’a pas le droit de demander au médecin un tel acte.

Une législation précise et rigoureuse et respectueuse des droits des malades évite l’euthanasie sauvage, non voulue par les patients qui existe déjà dans les hôpitaux. 75 pour cent des personnes meurent à l’hôpital, donc nouveau pouvoir du médecin.

Plutôt que de laisser des pratiques dangereuses se développer dans l’ombre, il vaut mieux réguler.

Les soins palliatifs permettent d’adoucir l’agonie du malade qui est entouré par des bénévoles , une psychologue, une coiffeuse.

Ce système permet de profiter de sa fin de vie.

 

Seuls 10 pour cent des malades qui en auraient besoin bénéficie de ces soins.

Les soins palliatifs prolongent l’agonie.

 

La souffrance et la mort sont dans l’ordre naturel des choses. Il faut apprendre à gérer la souffrance.

L’homme est autant façonné par la culture que par la nature. Part de l’inné et de l’acquis. La part de l’apprentissage et de l’acquis est très importante. L’Homme échappe à la nature donc à la nécessité par sa liberté.

 

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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /2009 11:28














Les religions sont citées dans l'ordre alphabétique et non selon leur ancienneté ou leur importance supposée.
Notes de lecture
Les chrétiens

1) Les catholiques

 

Ils condamnent le suicide. Pendant très longtemps, les suicidés ne pouvaient être enterrés en terre consacrée. Selon eux, la vie a un caractère sacré.

 

Toutefois, le refus des traitements est permis s’ils sont particulièrement lourds.

 

Audition par la commission de l’Assemblée Nationale de Son Eminence le Cardinal Philippe Barbarin, Archevêque de Lyon, pour la mission d’information sur l’accompagnement de la fin de vie (Loi Léonetti).

http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i1708-t2.asp#P1428_637065

 

Tout d’abord, SELC Barbarin rappelle que toute réflexion sur la fin de vie

« c'est accepter que la mort fait partie de la vie, qu'elle lui est indissociable, que nous pouvons et que nous devons nous aider les uns les autres à franchir cette étape, pour redoutée qu'elle soit » et que par conséquent l’accompagnement des malades en fin de vie, le soulagement de leurs souffrances est à développer et à renforcer, notamment les soins palliatifs en milieu hospitalier.

             Il s’élève d’autre part contre l’acharnement thérapeutique, sachant que l’humanité doit avoir tout contrôle sur « l'usage qu'elle fait ou de la maîtrise qu'elle garde, des progrès réalisés par la science ». Il y a une différence entre laisser mourir et donner la mort directement avec un produit lythique :« Mais on n'a pas le droit de mettre à mort un être humain. C'est une phrase du Décalogue et un fondement de notre civilisation. »et c’est également « pourquoi la vie humaine doit être respectée du premier instant de sa conception jusqu'à son dernier souffle ».

            Il faut pouvoir penser la mort comme une étape car avec « la mort, dit notre liturgie, la vie n'est pas détruite, elle est transformée ». Elle est l’achèvement naturel de la vie ; inscrite dans le développement biologique de l’individu, et ne pourra certainement jamais être «  définitivement vaincue par la technique. » Elle n’est ni l’échec du malade ou des proches, ni celui de l’équipe médicale. Le conseil pontifical a essayé de donner une définition de ce que pourrait être l’acharnement thérapeutique :

« La médecine actuelle dispose en effet de moyens susceptibles de retarder artificiellement la mort sans que le patient n'en retire un bénéfice réel. Il est simplement maintenu en vie. On réussit simplement à prolonger sa vie après de nouvelles et pénibles souffrances. Il s'agit ici de l'acharnement thérapeutique, qui consiste dans l'usage de moyens particulièrement épuisants, pénibles pour le malade, qui le condamnent en fait à une agonie prolongée artificiellement. Ceci est contraire à la dignité du mourant et au devoir moral de l'acceptation de la mort et de la poursuite de son cours. La mort est un fait inévitable de la vie humaine. »

« Doit-on lutter contre l'acharnement thérapeutique ? Oui, on doit lutter contre l'acharnement thérapeutique. C'est une bêtise... »

Sur le plan théorique enfin, « présenter le droit à l'euthanasie comme une liberté individuelle, considérer que la société pourrait accorder le droit de mourir, c'est mensonger. En effet, tout le corps social est concerné par la moindre décision individuelle en ce domaine. »

L’Eglise récuse le droit individuel au choix de sa mort car la légalisation de l’euthanasie concerne ,à son avis, toutes les consciences et toute une société, mais on peut souligner que ce sont les mêmes arguments qui sont utilisés contre l’avortement. L’Homme n’a pas d’autonomie totale, car il ne peut être coupé de la société dans laquelle il vit.

« Pour moi, l'argument du « Je choisis ma vie » ou « Je choisis ma mort » est vraiment incompréhensible. Je suis né sans l'avoir demandé, dans une famille que je n'ai pas choisie ; je suis un garçon, ce n'est pas de ma faute ; je suis né dans tel pays ... En revanche, je choisis les choses secondaires : ma profession, la couleur de mon vêtement, des choses secondes. Mais ce qui est essentiel me dépasse énormément. »

 

 

2) Les protestants

 

http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i1708-t2.asp#P1346_601659

 

     Au cours de son audition devant la mission d'information sur l'accompagnement de la fin de vie, OlivierABEL, professeur de philosophie éthique et membre de la fédération protestante, a rappelé d’une part « qu’il n’existe pas de magistère dans le protestantisme, et que cette absence de point de vue officiel permet à tout protestant d’affirmer son désaccord. », d’autre part que le protestantisme est partagé entre deux courants qui professent « des positions très libérales et des positions très évangéliques »

 Ce monsieur pose très intelligemment les problèmes liés à la fin de vie et notamment sur la nécessité de légiférer car « plutôt que de laisser des pratiques dangereuses se développer dans l’ombre, il vaut mieux réguler (la Fédération protestante a ainsi très fortement soutenu la « loi Veil ») 

L’expérience de la mort par l’homme est une de ces expériences limites car « Rien ne peut lui donner l’ombre du début d’un savoir sur ce qu’est la mort, elle nous échappe, elle est l’autre. La mort est une expérience impossible, c’est une impuissance. « Je ne peux pas mourir », disait le philosophe Emmanuel Lévinas. Cette remarque est en adéquation avec la théologie protestante. »  

Dans la société dans laquelle nous vivons, très fortement marquée par l’individualisme, apparaît la nécessité de laisser  « tomber toute individualité pour en revenir à la simple gratitude d’avoir existé, ce que Rilke, dans un de ses poèmes, exprime très bien ».

 

 

Le protestantisme est donc partagé entre deux courants, « deux idéologies opposées »,« d’un côté, une conception stoïcienne, selon laquelle l’homme ne rencontre pas sa mort passivement, mais dispose de lui-même : la mort est alors un acte de la vie »,« d’un autre côté, une religion et même une sacralisation de la vie. Hannah Arendt avait parlé, dans La condition de l’homme moderne, du triomphe de la vie »

 

. En ce qui concerne l’acharnement thérapeutique, qu’il soit justifié par une sacralisation de la vie ou par la volonté d’être le maître jusqu’au bout (cette volonté conduisant d’ailleurs, si l’acharnement thérapeutique n’est plus efficace, à recourir, toujours par activisme, à l’euthanasie), il s’agit de ne « priver personne de sa mort, afin que chacun puisse interpréter sa mort et être libre de l’offrir, de la partager avec les autres. »

 

En ce qui concerne les soins palliatifs, Mr Abel insiste « sur la nécessité de les développer, afin de réinsérer le mourant dans ce tissu de paroles et de gestes qui améliorent les conditions de la fin de vie. Il faut prendre au sérieux la souffrance, physique ou morale, il faut la soulager, même si c’est un travail gigantesque. »

 

Cependant,  face aux quelques cas irréductibles qui résistent aux soins palliatifs, les protestants sont partagés, certains condamnent fermement tout acte d’euthanasie et d’autres  comme André Dumas, prédecessuer de Mr Abel à la faculté protestante de Paris, soutiennent que « la demande de celui qui refuse que son temps soit rongé par une douleur et une déchéance interminables doit être entendue ».

 

Si le protestantisme accorde une grande importance à la notion de sujet responsable, libre et consentant, «  il doit constater que tout consentement à l’euthanasie, même s’il est libre, réitéré et exprimé devant témoins peut être révoqué : ainsi, des militants de l’euthanasie peuvent, au dernier moment, ne pas la demander, de même que des adversaires idéologiques de l’euthanasie peuvent y recourir. Il faut donc être moralement très modeste face à ces questions. »

Il s’agit de « deux grandes figures du courage : d’un côté, la figure stoïque de l’homme qui veut exister par lui-même, et de l’autre, la figure de l’homme qui veut exister, en participant à quelque chose qui le dépasse, la vie ou l’amélioration de la vie en l’occurrence. Mon rôle de moraliste n’est pas de décourager, mais il faut que ces formes de courage ne deviennent pas des formes d’orgueil, et qu’elles assument la fragilité de ceux qui disent les supporter, les patients comme les médecins. »

 

Cependant dans la tradition luthérienne, qui est fondamentale dans la culture protestante, «  la morale et la théologie sont nettement séparées. La morale n’est pas là pour sauver les hommes, mais pour leur permettre de vivre. Les grandes orientations morales sont des orientations humaines et elles peuvent être erronées car l’erreur est humaine. »

 

Toutefois, face à ces questions il existe un «  a priori théologique, car il signifie que quelque chose ne nous appartient pas, mais appartient à Dieu, que quelque chose nous est donné. Or, quand on reçoit un cadeau, ce dernier nous appartient, mais il sera un jour rendu, de manière différente et parfois sous une autre forme. C’est Marcel Mauss qui a analysé cette obligation de donner et de recevoir. »

 

Il faut signaler également que dans la tradition protestante, chez Kierkegaard par exemple, «  le suicide n’est pas jugé. Il n’est pas incompatible avec une confiance au-delà de la vie.

Le suicide n’est ni un acte immoral ni même un acte de défi de Dieu ou de transgression, c’est un acte que l’on ne comprend pas ».

  

Il y a , en fait, la reconnaissance d’un équilibre à trouver entre « le respect de la vie, mais aussi le respect des personnes. Le premier ne peut pas se faire , « au détriment du sentiment intime des personnes ».

 

Le problème majeur, au cœur du débat sur l’euthanasie est comment savoir quelle vie vaut la peine d’être vécue et qui doit en décider ? « Il faut donc des lois pour éviter le pire et protéger le plus faible, mais aussi se soucier des cas particuliers qui doivent être accompagnés. »

 

    
     Selon le principe de libre examen, chaque croyant doit agir selon ses convictions personnelles.

 

 

L’Islam :

 

L’euthanasie et le suicide sont exclus.

Selon le Coran (sourate 2), « il est interdit de donner la mort, si ce n’est à bon droit » (peine capitale ou légitime défense).

 

Dalil BOUBAKEUR, Président du Conseil français du culte musulman, s’est exprimé lui aussi devant la mission d'information sur l'accompagnement de la fin de vie

http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i1708-t2.asp#P1257_558557

Il est pour le développement des soins palliatifs. Comme dans les autres religions, pour les musulmans «  c’est Dieu qui donne la vie et qui la retire ».

Le médecin ne décide pas car il est un simple vecteur de la volonté divine.

 

Aussi la mort est « le passage obligé, attendu et même désiré d’un état à un autre, par lequel il se présentera devant Dieu et accèdera à une vie, selon le Coran, meilleure que celle-ci. » Selon M Boubakeur, il ne peut y avoir de loi générale sur l’euthanasie, car il faut voir « un cas particulier dans chaque cas d’euthanasie. »

Tout d’abord, avant d’examiner chaque cas, il faut s’assurer que cela répond à « une volonté exprimée de mourir du patient », ensuite elle doit être « du ressort de la responsabilité du médecin et faire l’objet d’un accord familial, un peu comme cela se passe en Suisse où des protocoles très stricts sont dressés. »

Seule l’euthanasie passive peut être tolérée par les croyants, c’est-à-dire l’arrêt des traitements lorsque il n’y plus aucun espoir de guérison car « à l’impossible nul n’est tenu ». Le croyant, cependant doit prendre soin de son corps car « Dieu, en ressuscitant les âmes, ressuscitera les corps de la même façon. »
     Il faut souligner également face aux choix budgétaires que demande le développement des soins palliatifs et face à la médicalisation croissante de la fin de vie que la société a un «  devoir d’assistance à l’égard de ses morituri. »

Le médecin, toutefois, ne peut donner la mort car « son rôle  est de donner la vie et de guérir ».

« D’un point de vue religieux, il est très difficile de laisser un médecin, et je dirais même une équipe, décider qu’une vie ne vaut plus la peine d’être vécue. Cette décision doit être collective et consensuelle et peut-être, pourrions-nous envisager une commission tripartite comprenant outre les soignants et la famille, des juristes, des religieux. »


Le Judaïsme :

 

Il est défendu de faire quoi que ce soit pour hâter la mort d’un agonisant.

 

Cependant, en Israël, le 25 octobre 199o, le tribunal de district de Tel-Aviv a stipulé que l’on pouvait accéder à la volonté d’un malade de recevoir une aide active à mourir et a autorisé le médecin à satisfaire la demande. Cette décision a eu l’approbation de la société israélienne.

 

 

Lors de son audition devant la mission d'information sur l'accompagnement de la fin de vie, le GrandRabbin de France, Joseph SITRUCK, a énoncé les grands principes religieux qui doivent guider la réflexion en matière d'euthanasie.

http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i1708-t2.asp#P1703_719938

    
     Monsieur Sitruka commencé son exposé en racontant qu’il a eu voilà deux ans un accident vasculaire cérébral dont le pronostic était très pessimiste. La guérison cependant a été possible et cette expérience a beaucoup influencé sa réflexion sur ce sujet.

      Il a rappelé, en premier lieu, le principe du caractère absolument sacré de la vie qui, dans la religion juive, n'appartient pas à l'homme mais à Dieu : "Mon Dieu l'éternel, tu m'as donné la vie, tu me l'as insufflée, tu me la conserves et tu me la reprendras"(prière quotidienne du matin). Personne n'ayant le droit de disposer de sa vie, le suicide est par là même considéré, non pas comme une lâcheté, mais comme un abus de pouvoir, celui de disposer de ce qui n'est pas à soi. De même, raccourcir la vie d'un homme, c'est jouer le rôle qui est imputable à la divinité.

     Toutefois, cette position doit être nuancée par le fait que le judaïsme est opposé à la souffrance, à laquelle il n'attache aucune valeur rédemptrice. Comme l'a rappelé Joseph SITRUCK, "si dans le Talmud, on interdit de faire souffrir inutilement un animal, a fortiori, un homme ne doit pas souffrir". 
    
     Il s’agit de concilier ces deux principes qui semblent être, à première vue, inconciliables et de trouver une voie médiane. D’autre part, la responsabilité de l’homme, son autonomie sont réaffirmées, chacun de nous étant « responsable de sa vie, la façonne, la dirige, l’oriente et, par conséquent, en rend compte, tant il est vrai qu’on n’est comptable que de ce dont on est responsable ».

Si Mr Sitruk condamne l’acharnement thérapeutique, il réaffirme avec force qu’il faut sauvegarder chaque instant de vie, insuffler de la force au malade, par l’espérance qui est nécessaire à la guérison. Le médecin doit donc se garder d’annoncer le pronostic lorsqu’il est fatal, sans pour autant cacher la gravité de la maladie.

D’autre part, une citation indique : « Si tu le peux, choisis lui une belle mort ». Cette belle mort consiste à être lucide de l’événement et à « vivre » cette mort.

     Au terme de son exposé, Joseph SITRUCK concluait de la manière suivante : "Faut-il durer à tout prix puisque la vie est une valeur absolue ? Faut-il faire souffrir pour durer, alors que nous venons de dire le contraire ? C'est dans l'équilibre de ces deux principes que se trouve, me semble-t-il, la réponse à notre question. De façon générale, la pensée juive, toujours animée par la bipolarité, considère que la vérité n'est jamais ni d'un côté (ni à droite ni à gauche), ni au centre (je ne parle pas de politique, vous vous en doutez).

Elle est peut-être dans la synthèse des points de vue ".

 

Bibliographie ;

 

L’euthanasie : mieux mourir ? Guillemette de Véricourt
Compte-rendu des auditions à l'assemblée nationale dans le cadre de la loi Léonetti.

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Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /2009 17:01

Les histoires de vie :

 

Les débats autour de l’euthanasie sont systématiquement relancés lors d’appels de malades prisonniers de leur corps, de leurs infirmités multiples, pour lesquelles la vie est devenue un enfer et qui demandent le droit de mourir.   

    

      
Ramon Sampedro
a demandé le droit de mourir en Espagne. Il était victime du locked-in syndrom qui a laissé son  corps entièrement paralysé à l’exception de la tête .

Il se donne la mort le 12 janvier 1998 à l’âge de 55 ans. Son suicide est filmé et montré à la chaîne de télé privée espagnole, Antena 3

A l’âge de 26 ans, il s'était brisé la colonne vertébrale en plongeant du haut d’une falaise et s'était retrouvé alors définitivement paralysé sans aucune chance d'amélioration de son état. Il a mené une bataille juridique qui a duré de longues années pour obtenir le droit à une aide active à mourir.  Cette demande a été refusée à chaque fois.

 

En 1996, il a écrit « Lettres de l’enfer », à l'aide d'une tige qu’il actionnait avec la bouche. En espagnol,  « Cartas desde el infierno », traduit littéralement en français.
 Puis, deux ans plus tard, il a confié à  11 personnes différentes l’organisation de son projet : achat du cyanure, transport du poison, préparation de la potion mortelle et don de la paille qu’il a utilisée pour la boire.

Une grande campagne a suivi et des milliers d’espagnols parmi lesquels de nombreux artistes et intellectuels ont clamé : « Moi aussi, j’ai aidé Ramon Sampedro à mourir. »

 

 

Un film a été tiré de son histoire :

 MAR ADENTRO (la mer intérieure)


Vous pouvez voir un extrait :

cliquez ici pour voir le film   Des extraits du film en VO



 

Un Film de d’Alejandro Amenàbar
Compétition Officielle Venise


Le trailer du film (Real Video)

Synopsis : A la suite d’un accident Ramon est paralysé. Pendant trente années il est allongé dans un lit et sa famille s’occupe de lui. Ramon revendique le droit à l’euthanasie. Deux femmes dès lors entre dans sa vie : Julia une avocate qui doit constituer un dossier concernant la requête de Ramon et Rosa, une jeune femme qui souhaite lui redonner le goût de vivre.

Avec : Javier Bardem, Belén Rueda, Lola Dueñas, Mabel Rivera, Celso Bugallo, Clara Segura Joan Dalmau, Alberto Jiménez, Tamar Novas, Francesc Garrido , José María Pou

 

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Vincent Humbert  La lettre de Vincent Humbert

 

M. Chirac

Tous mes respects, Monsieur le Président.
Je me présente : je m'appelle Vincent Humbert, j'ai 21 ans. J'ai eu un accident de circulation le 24 septembre 2000, je suis resté neuf mois dans le coma. Je suis actuellement à l'hôpital Hélio-Marins à Berck, dans le Pas-de-Calais. Tous mes sens vitaux ont été touchés à part l'ouïe et l'intelligence, ce qui me permet d'avoir un peu de confort.

Je bouge très légèrement la main droite, en faisant une pression avec le pouce à chaque bonne lettre de l'alphabet. Ces lettres constituent des mots et ces mots forment des phrases. C'est ma seule méthode de communication.

J'ai actuellement une animatrice à mes côtés qui m'épelle l'alphabet en séparant voyelles et consonnes. C'est de cette façon que j'ai décidé de vous écrire. Les médecins ont décidé de m'envoyer dans une maison d'accueil spécialisée. Vous avez le droit de grâce et moi, je vous demande le droit de mourir.

Je voudrais faire ceci évidemment pour moi-même mais surtout pour ma mère : elle a tout quitté de son ancienne vie pour rester à mes côtés, ici à Berck, en travaillant le matin et le soir après m'avoir rendu visite, sept jours sur sept, sans aucun jour de repos. Tout ceci pour pouvoir payer le loyer de son misérable studio.

Pour le moment, elle est encore jeune. Mais dans quelques années, elle ne pourra plus encaisser une telle cadence de travail, c'est-à-dire qu'elle ne pourra plus payer son loyer et sera donc obligée de repartir dans son appartement en Normandie.

Mais impossible d'imaginer rester sans sa présence à mes côtés et je pense que tout patient ayant parfaitement conscience, est responsable de ses actes et a le droit de vouloir continuer à vivre ou mourir.

Je voudrais que vous sachiez que vous êtes ma dernière chance. Sachez également que j'étais un concitoyen sans histoire, sans casier judiciaire, sportif, sapeur-pompier bénévole. Je ne mérite pas un scénario aussi atroce et j'espère que vous lirez cette lettre qui vous est spécialement adressée.

Vous direz toutes mes salutations distinguées à votre épouse. Je trouve que toutes les actions, comme les pièces jaunes, sont de bonnes œuvres. Quant à vous, j'espère que votre quinquennat se passe comme vous le souhaitez, malgré tous les attentats terroristes.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments les plus distingués.

Vincent Humbert

P.S. Je voudrais une réponse de votre part, même si celle-ci est négative.

 

Vincent Humbert : Je vous demande le droit de mourir , editions Lafon

Disponible à la médiathèque Christine de Pizan

 

Marie Humbert – Pour tous les Vincent du monde- Editions Lafon

 

Des vidéos :   interview de Marie Humbert



Eluana

Italie: mort d'Eluana, symbole de la lutte pour le droit de mourir

« ROME (AFP) — Eluana Englaro, la jeune Italienne plongée dans un état végétatif depuis 17 ans, est décédée lundi soir alors que le Sénat examinait en urgence un projet de loi présenté par le gouvernement pour s'opposer à l'arrêt de l'alimentation artificielle autorisée par la justice.

Eluana Englaro, 38 ans, a survécu trois jours seulement à l'interruption de l'alimentation et de l'hydratation artificielle demandée par sa famille et autorisée en décembre dernier par la justice, mais dénoncée comme un meurtre par la puissante Eglise catholique. »

Pour lire la suite de l'article, cliquez ici, oups....

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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /2009 17:52

La Législation

 

Si la question de l’euthanasie se pose particulièrement aujourd’hui, c’est qu’elle est liée à de profondes mutations , non seulement dans le domaine des technologies de pointe qui permettent de maintenir en vie des malades qui autrefois, faute de réanimation, seraient morts de mort naturelle, mais aussi à des progrès importants dans le domaine des soins et de la médecine qui permettent un allongement sans précédent de l’espérance de vie. Cependant, faute de rajeunir le corps et l’esprit, ces progrès permettent tout au plus le maintien en vie de personnes dans un état de sénilité profonde, où les facultés intellectuelles et les possibilités d’autonomie motrice sont de plus en plus défaillantes.

 

La mort n’est l’aboutissement de la vie mais un échec de la médecine comme s’il était devenu anormal de mourir un jour. La mort devient alors une obsession.  Il faut réanimer à tout prix des patients au risque de multiples séquelles. Le corps médical se substitue de cette façon à celui du patient qui perd tout pouvoir. C'est pourquoi, dans de nombreux pays, une réflexion a vu le jour qui vise à rétablir le pouvoir de décision du malade sur sa propre vie.

 

En 1991, le 3e congrès international d’éthique médicale avec la commission de l’environnement et de la santé publique du parlement européen mentionne le droit à une fin de vie « digne ». Chacun doit pouvoir décider de sa vie en fonction de ses capacités vitales et de l’intensité de ses souffrances. On remarque également que les souhaits des malades d’interrompre ou de refuser un traitement ne sont pas toujours respectés .

 

Certains pays accordent une valeur légale au « testament de vie » ou « directives anticipées » ou « déclaration de mourir dans la dignité. »

 

En Australie, 4 états ont une législation reconnaissant le droit à l’autodétermination des malades. Dans les territoires du nord, depuis le 25/05/1995, la loi dépénalisant l’euthanasie pour les malades en phase terminale a été votée puis abrogée en mars 1997 avec l’accord du premier ministre.

Mais en Colombie , la cour constitutionnelle autorise depuis 1997 la pratique de l’euthanasie. Usage limité aux malades qui en ont expressément formulé la demande et qui sont en phase terminale.

 

Dans certaines provinces canadiennes de Colombie britannique, de Manitoba, de Nouvelle-Ecosse, d’Ontario, du Québec (depuis 1992), le testament de fin de vie est légal.

 

Au Danemark, le 1er octobre 1992, la loi votée par le Parlement oblige les médecins à se conformer aux dispositions contenues dans les déclarations de volonté. Elles doivent être enregistrées de façon officielle par leurs auteurs. .Elle permet de s’opposer à être maintenu artificiellement en vie et d’obtenir n’importe quelle médication qui permet de lutter contre la douleur.

 

Aux Etats-Unis, la loi fédérale sur l’autodétermination du patient (patient Self-Determination Act) du 01/12/1991 stipule que chaque patient doit être informé de ses droits.

 

En Grande-Bretagne, le corps médical est obligé de se conformer au testament de vie reconnue par la jurisprudence, par une commission des lois, en 1995, et par le code de la conduite élaborée par la British Medical Association.

Le 22/03/2002 – La haute cour de justice britannique a accordé à miss B de choisir l’heure de sa mort.

 

En Allemagne, , la Cour de justice fédérale allemande (Bundesgerichthof), le 13/09/1994, demande de respecter la volonté du malade lorsqu’elle a été clairement exprimée.

La cour d’appel de Francfort a ouvert en juillet 1998 la voie à une autorisation de l’euthanasie pour les patients dans un coma irréversible à condition que le patient en ait auparavant exprimé la volonté sans ambiguïté.

 

En Suisse, la loi du 28 mars 1996 a été votée par le grand Conseil du canton de Genève, elle donne « force obligatoire » aux directives anticipées. Il est le seul pays d’Europe où le suicide assisté est légalement possible. Par contre, l’incitation et l’aide au suicide sont punis s’ils sont le résultat de mobiles égoïstes, (article 115 du Code Pénal). L’aide apportée pour des motifs de compassion à la demande instante et réitérée d’un malade incurable est permise mais seulement dans ce cas-là.

 

En Espagne, le Parlement catalan a voté à l’unanimité, le 21/12/2000, la législation des directive anticipées. Cet ensemble de législation et de jurisprudence impose de respecter la volonté du patient exprimée dans un document écrit, et ne con cerne que l’acharnement thérapeutique et l’utilisation d’antalgiques.

Le nouveau code pénal (01/06/1996) a commué le suicide assisté de crime d’homicide en délit, passible de 6 mois à 1 an d’emprisonnement.

 Cela uniquement bien sûr dans le cas de malades souffrant d’une maladie incurable ou d’une affection entraînant des douleurs sévères, permanentes, difficiles à supporter.

C’est le cas de Ramon Sampedro, pêcheur galicien qui s’était brisé le colonne vertébrale en tombant à 29 ans et s’est retrouvé complètement paralysé à l’exception de la tête, gardant toute sa lucidité. Pendant 24 ans, il s’est retrouvé condamné à être couché dans un lit, dépendant de tout, de son alimentation jusqu’aux autres soins nécessaires à sa survie.

Il a écrit un livre « Lettres de l’enfer »

 

Aux Pays-Bas, le 28 novembre 2000, un projet de loi a été présenté par les ministres de la Justice et de la Santé a été votée à une forte majorité par la chambre basse. Puis elle a été votée définitivement votée au Sénat à 40 voix contre 28.

Plusieurs conditions doivent être remplies :

-         C’est la demande du patient volontaire, réfléchie, réitérée.

-         La souffrance est insupportable est sans issue.

-         Le patient est informé sur son état actuel et sur le pronostic.

-         Il doit y avoir conclusion avec le patient qu’il n’y a pas d’autre solution acceptable.

-         Il fait avoir consulté un autre médecin indépendant qui, après examen du patient a émis un avis concernant le respect des « critères de minutie ».

-         Procéder à la fin de vie selon des critères médicaux.

 

En 1999, il y a eu 2216 recours. 90 pour cent des cas de malades en phase terminale de cancer.

 

En  Belgique, le 16 mai 2002, a été adoptée une loi légale sur l’euthanasie.

Jean-Marie Lorand, a été aidé à mourir le 08 juillet 2000. Il était entièrement paralysé depuis des années à l’exception de deux doigts d’une main. Il a écrit un livre « Aidez-moi à mourir. »

De la même manière, la procédure doit suivre des règles très strictes.

-         demande du malade adulte volontaire, mûrement réfléchie.

-         le malade doit être dans un état grave et incurable d’origine accidentelle ou pathologique.

-         il doit se plaindre d’une souffrance physique ou mentale insupportable.

-         la consultation d’un deuxième médecin est obligatoire.

-         si le décès n’est pas prévisible à brève échéance, un spécialiste de la pathologie concernée s’impose.

-         un délai d’un mois est exigé entre la demande d’euthanasie et la réalisation de cet acte.

 

En France, , le 27 janvier 2000, le Comité consultatif national d’éthique a voté à l’unanimité un avis admettant une exception d’euthanasie dans des cas extrêmes.

Adoptée par le Parlement après l’affaire Vincent Humbert, ce jeune homme devenu tétraplégique suite à un accident de la route qui réclamait le droit de mourir, la loi relative aux droits des malades et à la fin de vie du 22 avril 2005, dite loi Leonetti, encadre les conditions de la fin de vie. Elle instaure, notamment, un « droit au laisser mourir », sans toutefois permettre l’euthanasie dite « active ».

 

La loi Léonetti

Objet du texte :

« Intervenant sur un sujet sensible, notamment du fait de l'évolution des mœurs, le projet de loi apporte plusieurs modifications au droit des malades.

D'abord, pour tous les malades, y compris ceux qui ne sont pas en fin de vie, la proposition de loi affirme pour la première fois l'interdiction de l'obstination déraisonnable. L'objectif est d'autoriser la suspension d'un traitement ou de ne pas l'entreprendre, si ses résultats escomptés sont inopportuns, c'est-à-dire inutiles, disproportionnés ou se limitant à permettre la survie artificielle du malade.

     Deux articles - les articles 4 et 5 - concernent précisément le cas du malade qui n'est pas en fin de vie. S'il est conscient, il pourra demander la limitation ou l'interruption de tout traitement. S'il est hors d'état d'exprimer sa volonté, ces traitements pourront être limités ou interrompus après consultation des consignes qu'il aurait pu laisser, de la personne de confiance qu'il aurait pu désigner et de son entourage - famille ou proches -, dans le respect d'une procédure collégiale.

     Le texte prévoit  l'information la plus complète du malade, directement s'il est conscient ou indirectement s'il ne l'est plus. La prescription des médicaments à « double effet » - la morphine, notamment - qui, en même temps qu'ils adoucissent les souffrances, peuvent aussi abréger la vie ; le cas où le malade, conscient, refuse un traitement et met ainsi ses jours en danger,  doivent être connus du malade afin qu'il prenne sa décision en parfaite connaissance de cause ; lorsqu’il est en fin de vie et qu'il demande l'interruption des traitements pour maîtriser ses derniers instants.

     La proposition de loi souligne la responsabilité du médecin : le choix du traitement approprié, avec le consentement de son malade, celui de l'interrompre parfois, dans le respect des procédures prévues dans le texte et celui d'accompagner son patient dans ses derniers instants, grâce aux soins palliatifs appropriés à son état.

Un volet confirme l'importance qu'il convient d'accorder aux soins palliatifs. La proposition de loi envisage la création de services hospitaliers spécifiquement dédiés à ces traitements ainsi que « la participation à cette démarche des différents services susceptibles d'accueillir des patients en fin de vie. »

Moins de 3 ans après cette loi, l’affaire Chantal Sebire, cette femme atteinte d’une tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale  a relancé le débat sur l’euthanasie et sur la pertinence de la loi du 22 avril 2005.

Suite au décès de Chantal Sebire en mars 2008, le premier ministre François Fillon a confié à Jean Leonetti, le soin de procéder à une mission d’évaluation de la mise en œuvre de la loi relative aux droits des malades et à la fin de vie du 22 avril 2005.

Pas de légalisation de l’euthanasie active :
Dans le cadre de cette mission, 58 personnes ont été entendues afin d’apporter leurs témoignages et la mission s’est rendue dans plusieurs pays, notamment aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Belgique et en Suisse.

Au terme du rapport Leonetti, rendu au premier ministre le 2 décembre 2008 :

- la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades est méconnue et mal appliquée ;
Ainsi, le rapport refuse toute légalisation de l’aide active à mourir ou même d’exception d’euthanasie.

Par ailleurs, la mission Leonetti a également rejeté l’idée de créer une circonstance atténuante spécifique en cas de crime commis par compassion, car« la justice est d’ores et déjà en mesure d’utiliser les ressources de la procédure pénale pour absoudre ou juger avec mansuétude en fonction de chaque situation, sans qu’il soit besoin de modifier pour autant la procédure pénale, le code pénal et le code de la santé publique ». (legifrance.gouv .fr)

Un congé d'accompagnement pour un proche

« En revanche, la mission Leonetti, à l’issue de son rapport, a fait diverses propositions parmi lesquelles :
- la création d’un Observatoire des pratiques médicales de la fin de vie : cet Observatoire aurait une double mission ; faire connaître la législation sur les droits des malades et la fin de vie ainsi que la législation sur les soins palliatifs, et mener des études sur la réalité des situations médicales de la fin de vie ;
- le recours à des médecins référents en soins palliatifs dans les cas litigieux ou les plus complexes : ce médecin référent pourrait apporter sa compétence dans des situations complexes ou conflictuelles entre une équipe soignante d’une part, et le patient et ses proches, d'autre part ;
- la mise à l’étude de l’institution d’un congé d’accompagnement à titre expérimental : ce congé d’une durée de quinze jours pourrait être attribué à un parent accompagnant à domicile un patient en fin de vie ; (cette proposition de loi a été soumise au parlement, adoptée et doit être bientôt soumise au Sénat)
« 
Les députés ont adopté à l'unanimité, mardi 17 février,

 

Des propositions qui ne font pas l'unanimité

Les partisans de la légalisation de l’euthanasie et notamment Jean-Luc Romero, président de l’association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) ne sont pas vraiment satisfaits par ces mesures qui ne prennent en compte qu’un certain type de patients (et non des patients comme celui de Vincent Humbert ou les malades atteints du locked-in syndrom).

Certains parlementaires de l'Union pour la majorité présidentielle (UMP) et du parti socialiste (PS) veulent faire une proposition de loi posant le principe de la possibilité d’une « aide active à mourir ».

 Pour de plus amples renseignements, consultez :

http://www.droit-medical.com/perspectives/6-la-forme/332-fin-vie-leonetti-droit-mourir

 

 

 

une proposition de loi

 qui vise à créer une allocation pour permettre à un proche d'accompagner à domicile une personne en fin de vie. Si le Sénat vote à son tour le projet de loi, une allocation de 49 euros par jour sera versée durant trois semaines maximum à toute personne cessant de travailler en vue d'accompagner, à domicile, un proche en fin de vie ». (source de l’information : Le Monde.fr du 17 février 2009)

- la précision des modalités d’application des arrêts de traitement de survie : les modalités de traitement à visée sédative qui doivent accompagner les arrêts de traitement de survie lorsque la douleur du patient n’est pas évaluable pourraient être précisées dans le code de déontologie médicale.
Roselyne Bachelot, ministre de la santé, a d’ores et déjà proposé d’étendre les compétences du comité de suivi du développement des soins palliatifs pour le faire évoluer en observatoire des pratiques médicales. Il s’agirait ainsi de donner une dimension nouvelle à la démarche palliative, de développer l’offre hospitalière et l’essor des dispositifs extrahospitaliers, d’élaborer une politique de formation et de recherche et d’améliorer l’accompagnement des patients et de leurs proches. »
Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Comprendre l'humain... - Communauté : Cafés-débats
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