Philopiste

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     Dans les démocraties occidentales, le discours politique s’est construit tout au long de l’histoire selon les codes de la rhétorique grecque d’abord, puis latine. A travers ce discours, se déploie la parole politique, outil privilégié d’accès au pouvoir. C’est par la parole –mais pas seulement, le langage non-verbal étant d’une très grande importance- que l’homme politique convainc et emporte l’adhésion de ses électeurs. Mais à l’intérieur de ce champ, chaque parti politique construit un discours spécifique basé sur l’idéologie qu’il entend servir. D’où cette fameuse « langue de bois » qui permet d’éluder les questions embarrassantes, de parler pour ne rien dire, ou de flatter à peu de frais le futur électeur. Il existe d’ailleurs un générateur de langue de bois à l’ENA. Cela conduit parfois à des syllogismes ou à l’absurde … Le discours politique s’articule selon quelques grands principes et rares sont les hommes politiques qui y dérogent.

            C’est d’ailleurs une des principales fonctions du langage : argumenter et convaincre. Le langage n’est pas le simple véhicule d’un ensemble d’informations mais un acte de nature « intrinsèquement culturelle et sociale » qui est lié au pouvoir que donne le statut social à celui qui parle.  C’est ainsi que le langage s’inscrit dans des relations sociales permettant au locuteur, c’est-à-dire à celui qui parle, d’avoir, par sa parole, « un certain pouvoir sur ses interlocuteurs ». Celui qui parle y est autorisé, et en prenant la parole, il exerce un certain pouvoir de s’exprimer et de faire entendre ses idées –ce qui n’est pas donné à tout le monde.

La plupart du temps, les élus politiques sont portés par leur parti politique qui les a choisis pour le représenter. Cette parole est alors une parole légitime. Il est intéressant de voir comment les « outsiders » sont vite remis dans le droit chemin par l’ensemble de la classe politique. Ségolène Royal, par exemple, en est un parfait exemple. On ne l’entend presque plus.

Le langage politique, le contenu des discours, véhiculent un certain nombre de « représentations idéologiques » qui s’imposent comme étant « la vérité » ; aussi ces discours ont-ils un certain poids puisqu’ils prétendent assigner à chacun sa place dans la société. Je pense ici aux discours moralisateurs, misogynes ou racistes.

 

            La parole politique se déploie aussi selon certains rituels (débats parlementaires, questions au gouvernement, allocutions ou débats télévisés) qui sont des « formes routinières des actes politiques » qui instaure une sorte de « magie sociale à répétition ». D’autre part, le système de la représentativité lui donne une force particulière puisque cette parole et la mienne sont liées, bien que je n’aperçoive pas toujours comment elles pourraient l’être alors même que je suis en total désaccord avec elle. En effet que vaut pour moi la parole d’un homme politique que je n’ai pas choisi ? Ainsi le langage politique est-il intimement lié à l’exercice du pouvoir d’agir, de réformer et de décider de la vie de millions de gens, dont parfois un peu moins de la moitié ne sont pas d’accord le moins du monde avec les réformes proposées. Mais il est lié à un contrat qui est le contrat démocratique.

Le discours politique semble donc se définir comme un comme un genre spécifique dont la fin est l’action politique, dans lequel s’établissent des relations entre les théories, la théâtralité dans « le dispositif scénique où il prend place » , et la rhétorique axée sur la démonstration et la séduction, voire la manipulation. Ce n’est pas un discours exempt de violence, violence qu’il contient parfois (attaques personnelles, racisme, xénophobie etc) et celle qu’il entend réguler. Ce discours aujourd’hui s’est-il embourbé dans de purs effets de style, s’est-il vidé de tout contenu qui ferait sens pour nous, ne vise-t-il qu’à nous manipuler pour asseoir le pouvoir et la richesse de quelques-uns ? Ou est-il encore susceptible de se renouveler et de nous « embarquer » ?

Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /2009 18:05



Qu'est ce que profiter de la vie ?

 

Profiter c'est obtenir un profit, bien sûr pas seulement matériel. On peut profiter d'une belle journée d'été, d'un spectacle etc...

Les profits obtenus dépendent de chacun; l'un profitera de la lecture d'un livre, l'autre d'une rencontre sportive et le troisième d'un temps de repos.

Il est à noter aussi que certains profits peuvent être différés dans le temps, par exemple la visite d'un musée, mais pas indéfiniment : on ne peut pas dire  je commencerai à visiter les musées dans cinquante ans. Et d'autres non, par exemple les premiers jours d'un enfant, il y aura d'autres moments intenses avec ses enfants après, mais plus ceux des premiers jours.

Les profits varient aussi en fonction de leur chronologie ; la première fois que l'on voit un film les sensations que l'on ressent sont souvent beaucoup plus intenses que lors d'une vision suivante. La quête de Don Juan n'est-elle pas une recherche de ses premières émotions amoureuses ?

Pour profiter de la vie, il faut aussi accepter de prendre des risques. A la suite de toute relation humaine on peut être blessé mais il faut prendre ce risque pour profiter de l'échange avec les autres. Plus généralement : être obsédé par la mort ne nous empêche-t-il pas de profiter de la vie ?

Pour profiter de la vie  il faut le pouvoir. Si l'on est accaparé par la recherche de l'indispensable à la vie (nourriture, sommeil) il sera beaucoup plus difficile d'en profiter. Il est évident qu'avoir les moyens de profiter de la vie est une condition nécessaire mais pas suffisante ; ce n'est pas parce que l'on est riche que l'on sait profiter de la vie. Il faut aussi le vouloir ; combien se concentrent sur leur activité professionnelle au détriment de tout autre chose ?

Il faut aussi voir si le profit immédiat n'obère pas des profits futurs ? Profiter du soleil pour bronzer c'est bien, mais si l'on abuse et que dix ans plus tard on développe un mélanome, le gain est contestable.

Il faut essayer de dissocier ce qui nous est profitable dans la vie, de ce qui nous est nuisible. Nous sommes dans uns société où nous avons une obligation de réussite dans tous les aspects de notre vie : professionnelle bien sûr ; sentimentale ; l'éducation des enfants etc. Est-ce que ce message ambiant qui dit que « Pour profiter pleinement de la vie, il faut tout réussir » n'est pas objectif inatteignable, qui nous rend insatisfait et qui nous empêche de profiter de la vie ?

Si on compare les stoïciens et les épicuriens, à mon avis les premiers ne profitent pas de la vie mais essaient de s'en protéger, alors que les seconds essaient de réfléchir à la manière de profiter le plus efficacement de la vie.

Pour moi, profiter de la vie c'est déjà réfléchir à ce qui m'est bénéfique et déterminer ces points. Puis, arbitrer en leur faveur (savoir que si l'on travaille 75 heures par semaine, on pourra peut-être profiter de nombreux biens matériels, mais on ne verra pas grandir ses enfants). C'est aussi se donner des objectifs atteignables, réalisables.

Et en fin de compte, on sait si l'on a réussi, car alors on est heureux, et on a un sentiment de plénitude. 

 

            Jean-Louis

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Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /2009 18:01

Il n'y a pas de spiritualité de l'engagement
qui ne doive s'équilibrer par
une spiritualité du dégagement.
E. Mounier



Peut-on maintenir
une pensée autonome
 
dans un mouvement collectif ?

1) Entretien avec Geneviève Chignac, maire adjointe à la culture
2) Témoignage d'Armelle, conseillère municipale à Poissy
3) Pensée autonome et mouvement collectif , nouvelle de Claire
4) Philopiste de Jean-Louis
5) Welcome de Phlippe Lioret                                 
6) Qu'est-ce qu'un mouvement collectif.
7) S'engager et rester soi : le dilemme de l'intellectuel engagé.
8) Bibliographie.
9) Le militantisme post-it : une nouvelle manière de s'engager.
10) Quelques citations...
11) Engagement : définitions

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Jeudi 14 mai 2009 4 14 /05 /2009 17:59

 

1) A votre avis, est-ce que s'engager veut dire nécessairement renoncer à une partie de ses valeurs et de ses convictions ou au contraire les affirmer davantage?

S'engager sur une idée, pour une cause ou pour une action ne veut certainement pas dire renoncer à ne serait-ce qu'une partie des valeurs auxquelles je crois et que je défends.

L'engagement militant signifie au contraire pour moi affirmer davantage ces valeurs. Pour autant, si les valeurs restent le socle de l'engagement, les convictions peuvent évoluer dans le temps et les actions menées prendre une tournure aussi différente sans être opposée à la précédente.

 

 

2) L'intérêt collectif est-il le contraire de l'intérêt individuel? En politique, peut-on répondre aux attentes de chacun?

L'intérêt collectif n'est pas la somme d'intérêts particuliers. Il peut arriver qu'il soit en contradiction totale avec un intérêt particulier. Un des exemples les plus parlants est le règlement d'urbanisme qui lèse à coup sûr un intérêt privé.

La notion d'intérêt général est le plus souvent liée à la sphère politique. Notre démocratie est représentative, c'est-à-dire que le suffrage universel désigne des élus chargés de prendre des décisions et de les mettre en œuvre au nom de tous.

Un politique va donc naturellement chercher à satisfaire le plus grand nombre. Ce qui aura pour conséquence de ne pas répondre à l'attente de chacun et de générer des mécontentements.

 

 

3) Lors de réunions ou de débats, vous est-il arrivé de désapprouver une décision et de devoir l'appliquer et la justifier ensuite?

Oui, et à plusieurs reprises !

Je suis avant tout une citoyenne respectueuse de la démocratie et de sa règle fondamentale qui est celle des orientations et décisions prises à la majorité. Mais je n'ai pas toujours été dans la majorité pour certaines idées ou actions.

C'est encore vrai aujourd'hui dans l'équipe municipale. Lorsque que je ne suis pas d'accord avec une proposition, j'exprime mon point de vue, et bien sûr, je cherche à emporter l''adhésion du plus grand nombre. Si ce point de vue est rejeté, je m'incline et défend ensuite la position retenue par le groupe.

 

 

Quel a pu être votre état d'esprit à ce moment-là?

Le sentiment piteux de n'avoir pas su trouver les bons arguments et, sauf si j'arrive à être convaincue par ceux auquels je m'opposais, je me promets d'y revenir plus tard avec un argumentaire plus solide.

 

 

4) Comment peut-on être critique et constructif dans un mouvement collectif, parti politique, association, équipe municipale ?

Le fait d'appartenir à un mouvement collectif, quelle que soit sa nature et sa forme, n'empêche jamais d'exprimer ses propres opinions. Et on peut être entendu dès lors que la critique est constructive, i.e. qu'elle est porteuse de contrepropositions soumises à débat.

Il faut aussi bien évidemment avoir le sens de l'écoute (primordial) et du dialogue.

Et si on n'arrive pas à être compris, c'est soit que les arguments développés ne sont pas bons ou sont mal formulés, soit que les idées ou propositions avancées ne sont pas bonnes.


5) En ce qui vous concerne, où est la limite que vous ne franchiriez pas ? Quand doit-on désobéir aux mots d'ordre? Cette limite est-elle facilement repérable?

Je n'ai jamais transigé sur les valeurs que j'estime fondamentales. Ces valeurs sont le respect de l'autre en toute circonstance, les libertés fondamentales, notamment la liberté d'expression, l'égalité, la justice, la solidarité.

Jusqu'à présent, je n'ai pas eu à obéir à des ordres contraires à ces valeurs. Si le cas se présente un jour, j'espère bien avoir la volonté et le courage nécessaires pour rester fidèle à mes convictions. Je pense qu'il est de son devoir de désobéir quand cela va à l'encontre du droit et de la justice, et surtout quand cela risque de porter ombrage à autrui dans ses libertés.

J'imagine que la bonne décision doit être difficile à prendre car la limite infranchissable est sans doute sujette à caution

 

 

6) A votre avis, en politique, vise-t-on plutôt la franchise ou la sincérité? Peut-on tout dire? Et comment dire ce que l'on ne peut pas dire?

Je n'oppose pas franchise et sincérité.

Je distingue deux cas :

         - en ce qui concerne des propos tenus devant un groupe (réunion, meeting) ou destinés à être lus et entendus par un grand nombre (documents de campagne électorale, articles de presse, etc.), la franchise et la sincérité s'imposent, et je m'y suis toujours tenue.

D'ailleurs comment pourrait-on convaincre sans être soi-même convaincu(e) ?

Au pire, si des propositions ou des faits sont à exprimer avec prudence ou dans un certain contexte, il vaut mieux les omettre. Quitte à y revenir une autre fois.

         - pour ce qui est d'une relation directe avec une personne, j'avoue que la sincérité dans la relation n'est pas toujours au rendez-vous. Dans les campagnes électorales, j'ai beaucoup pratiqué le porte-à-porte parce que j'aime le contact et l'échange direct. Mais bien des personnes rencontrées sont ancrées dans leurs certitudes, leurs problèmes et sont incapables d'écoute. Comment alors faire autrement que de les laisser parler sans les contredire ? Voire leur dire qu'ils ont raison ?

De plus, dans ce type d'exercice, on est confronté à des situations difficiles, parfois même douloureuses. Alors rien de tel qu'un mot de compassion ou d'encouragement qui, s'il est sincère, n'en est pas moins imposé par les circonstances.

Quant à dire ce que l'on ne peut pas dire, avec un peu d'expérience, on y arrive !

 

 

7) Pour conclure, que vous apporte aujourd'hui votre engagement dans le domaine de la culture? Quelle est la marque que vous aimeriez laisser ou l'idée maîtresse que vous aimeriez impulser?

Cet engagement est source d'une motivation qui ne faiblit pas, d'une volonté absolue de réussir et d'une joie profonde.

La trace, ce serait présomptueux de parler de marque, que j'aimerais laisser à travers ce mandat à la culture est celle d'une meilleure écoute les uns des autres. Je serai vraiment très fière si par les actions que j'engage, je peux me dire que les habitants de ma commune ont appris à se connaître mieux et se sont enrichis de leurs différences.

 

 

Bonne réunion ce soir !

 

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Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /2009 08:29



1) A ton avis, est-ce que s'engager veut dire nécessairement renoncer à une partie de ses valeurs et de ses convictions ou au contraire les affirmer davantage?

Pour moi, il s'agit, surtout en ce moment, d'affirmer davantage mes convictions et mes engagements qui ne doivent pas être noyés dans un groupe si hétéroclite.
 
2) L'intérêt collectif est-il le contraire de l'intérêt individuel? En politique, peut-on répondre aux attentes de chacun?

L'intérêt individuel permet aussi de prendre conscience qu'il n'est pas unique et qu'il peut rentrer dans un intérêt collectif. Répondre aux attentes de chacun est envisageable s'il n'est pas individualiste et en fonction des possibilités concrètes qu'une équipe municipale peut apporter en fonction des contraintes budgétaires et du droit des collectivités.
 
3) Lors de réunions ou de débats, t'est-il arrivé de désapprouver une décision et de devoir l'apliquer et la justifier ensuite?
Quel a pu être ton état d'esprit à ce moment-là?

Lors de présentation de motions au Conseil Municipal, il m'est arrivé de m'abstenir de voter si la question ne correspondait pas à mes convictions. Je crois d'ailleurs que je pourrais aussi voter contre une proposition qui ne me plairait pas. Le libre-arbitre existe toujours. Par contre, il est évident que si le vote est majoritaire, je ne peux que me résoudre.
 
4) Comment peut-on être critique et constructif dans un mouvement collectif, parti politique, association, équipe municipale ?

L'important est d'avancer ses arguments, favoriser l'échange et surtout l'écoute. Cela est très difficile (surtout pour moi, vindicative comme je le suis). Mais on apprend beaucoup des autres et j'apprends à moins me fermer et à continuer à échanger (dans la limite du supportable) seulement si je me sens respectée. La tolérance est de mise.
 
5) En ce qui te concerne, où est la limite que tu ne franchirais pas ? Quand doit-on désobéir aux mots d'ordre? Cette limite est-elle facilement repérable?

La limite est franchie lorsqu'il n'y a pas de réelle transparence, que l'égo prév
aut à l'intérêt général. Je refuse ou évite l'échange. Je n'ai jamais réagi aux mots d'ordre. Etant un électron libre, n'adhérent à aucun parti, je fais en fonction de mes convictions citoyennes. Pour moi, à partir du moment où l'ensemble des informations me sont entièrement transmises, tout est repérable. Lorsqu'il y a non-dit, faux fuyant, mise à l'écart, il est très difficile de repérer quoi que ce soit. Sinon, il faut être dans le secret des vrais politiques qui, eux, ont un fonctionnement spécifique de par leurs engagements et leurs instances.
 
6) A ton avis, en politique, vise--on plutôt la franchise ou la sincérité? Peut-on tout dire? Et comment dire ce que l'on ne peut pas dire?

Je continue à apprendre (car au niveau professionnel c'est la même chose) que la franchise et la sincérité sont très fragiles. Cela peut avoir des revers, il faut assumer "d'être à part". J'apprends à dire de manière diplomatique (mais la langue de bois je ne sais pas faire) ou bien, chose surprenante, je me tais, ce qui peut aussi être une manière de ne pas approuver malgré le dicton "qui ne dit mot, consent" !!!
 
7) Pour conclure, que t' apporte aujourd'hui ton engagement dans le conseil municipal? Quelle est la cause la plus importante que tu aimerais voir progresser?

Le Conseil Municipal m'a appris à travailler dans une équipe multi-pensée, multi-engagement (je parle principalement du Groupe Majoritaire, mais je commence aussi à avoir dans certaines commissions où je participe des échanges "normaux" avec certains de l'opposition de l'ancienne municipalité). On se retrouve - normalement - tous ensemble pour être aux services des pisciaicaises et des pisciacais, à leur écoute et pour essayer de mettre en place les projets pour lesquels ils nous sollicitent. L'important pour moi est de garder le cap de mon engagement municipal, à savoir : Liberté, Equité, Solidarité, Respect.
 
Les causes les plus importantes pour moi (hormis les conseils d'aministration et les commissions où je suis membre actif) actuellement sont de voir aboutir les projets que nous essayons de mettre en place au sein de trois groupes de travail que je privilégie, à savoir : le logement des jeunes,  le pôle éducation-jeunesse, les femmes de Poissy.
 
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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /2009 07:47

 

Nous allons bientôt choisir les sujets pour la prochaine saison, vous pouvez déposer en commentaire  les sujets qui vous intéressent .

Le sujet du mois de février 2010 est d'ores et déjà fixé, puisqu'il fera écho au salon de littérature de jeunesse qui aura pour thème le voyage.


Cette rubrique est ouverte jusqu'au 14 mai.
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /2009 21:23

                               



                            
PENSEE AUTONOME ET MOUVEMENT COLLECTIF

 

  Anita se réveille en sursaut, trempée de sueur. Elle a du mal à émerger de cette nuit étrange peuplée de monstres effrayants qui se mêlent aux souvenirs d’enfance, si parfumés. Il faut se secouer. Le réveil marque 5 heures.  Voilà, sa conscience est opérationnelle. Elle s’éveille aussi soudainement qu’elle s’était rendormie tout à l’heure après son dixième cauchemar.  Le jour se lève à peine, et d’ailleurs à grand’ peine, comme si la marche des astres pouvait être suspendue aux humeurs des hommes, et pourtant tout est d’une clarté, d’une acuité sans pareilles.

 

  L’ordre aboyé la veille par le commandant des gardes lui revient. A 6 heures, sa maison sera détruite par les flammes, qu’elle soit présente ou non.

  Profitant alors du reste de pénombre avant le jour, elle emballe quelques affaires dans un sac, et s’apprête à sortir, laissant tout son univers derrière elle. Tant pis, pas le temps de traîner, tout abandonner. Tout son refuge, toute cette ambiance délicieuse, artistique, raffinée malgré le dénuement, ce nid de réconfort où elle a élevé seule ses enfants et qui, dans une heure, va disparaître.

 

  Ce village, qu’elle a tant aimé plus jeune, quand, gamine, sa mère et elle se sont installées, où elle a fait sa vie, rencontré tant de gens et surtout des amis, eh bien ce village a complètement changé. Rien n’est plus comme avant, et c’est bien d’une réelle transformation qu’il s’agit. Anita a assisté, désemparée, au démantèlement de tout ce qui faisait autrefois la vie, l’âme du village, tout ce qui malheureusement effraie maintenant les braves gens  ─ et elle se trouve dans le lot. Ce bourg de Liré, en son temps, montrait une douceur de vivre due à une gestion de la cité exemplaire : un Conseil se réunissait très régulièrement, où chacun pouvait s’exprimer. 

 Or, voici quelques mois, un nouveau chamane est venu s’installer avec sa femme. Assez rapidement, de plus en plus de personnes ont regretté l’ancien chamane, et peu à peu, ce couple a attiré l’antipathie.  L’homme, Alfred, est autoritaire, lunatique, tout en jouissant d’une écoute certaine auprès du Conseil. il est surtout très rigide dans sa vision du monde.

 

  Anita, quant à elle, a toujours été prise ici pour une originale. Bien évidemment, vous l’avez deviné, elle fut immédiatement prise en grippe par Alfred.

 

  Les tensions se sont énormément durcies, et même Georges, le chef du village, n’y peut plus rien.     

  D’ailleurs, il a cessé ses  activités, car il doit se reposer pour sa santé. Anita se retrouve seule. Elle a longtemps lutté. Son arme à elle, transmise par  sa mère et toute sa famille, c’est la discussion. Sa culture, ses connaissances, la mémoire des événements, lui ont conféré un certain statut à Liré. Si bien que, comme écrivain public, elle est devenue la conseillère, l’amie de beaucoup d’habitants, ainsi que l’animatrice du village, organisant plusieurs activités.

 

  Quand Alfred est arrivé, il a fait émettre par le Conseil un certain nombre de lois et décrets, plus restrictifs les uns que les autres. Il a instillé une ombre sournoise au cœur des gens, celle de la peur. Immatérielle, inavouée dans un village où il ne se passe pas grand-chose, elle suinte des maisons comme l’eau  d’une gouttière fendue.

  Plus de voyageurs, plus de nomades. Le camping, fermé. Les réunions du Conseil, de plus en plus espacées. La circulation motorisée, réglementée. Au début, les gens étaient contents, et Anita était la seule à protester. Le chef, Georges, l’écoutait d’une oreille polie, mais surtout sans prendre parti. Il avait peur lui aussi. Puis, plusieurs décrets sont parus. Le premier, pour réglementer la circulation des vélos et des piétons. Anita était de plus en plus révoltée, mais tout le monde la faisait taire. Le café dût fermer ses portes aux femmes. Ensuite, les réunions de plus de trois personnes furent interdites, les associations, surveillées, et les peintres, chassés de l’atelier qui leur  était prêté. Il est même devenu suspect de fêter un anniversaire ou de jouer de la musique, sauf pour la fanfare de la garde. Bref, une dictature bien efficace. Mais personne n’osait protester, et puis, du moment qu’on gardait l’épicerie, la boulangerie et la boucherie, tout allait bien.

 

  Or, à Liré comme partout, il ne faut pas troubler l’ordre public. Anita  fit donc plusieurs séjours dans les geôles de la cité, comme agitatrice.

 

  Mais pourquoi ? Que disait-elle ? Elle animait des réunions- débats  où il était question de liberté d’opinion, de culture, d’art, de philosophie, d’échanges de livres, en vue de garder un esprit libre.

 

Vous me direz, le chamane, lui, n’a jamais été inquiété par les habitants. Sa pensée, à lui, c’était la peur. Peur d’échanger, de communiquer, peur de vivre. Bien sûr qu’il avait le droit d’exprimer lui aussi ses opinions, et c’est ce qui lui a valu l’écoute du Conseil. On se disait « pourquoi pas ? ». C’est ainsi que ses décrets sécuritaires ont eu gain de cause sur les arguments de liberté. Les gens ont préféré « rester groupés », même derrière lui, même sans être très sûrs de la direction prise par le village.

 

  L’aube pointe, Anita est partie. Elle devait prendre le bus qui l’emmènerait le plus loin possible de ce paradis perdu. Alfred, lui, semble avoir gagné la partie.

  Quelqu’un ici va - t - il se réveiller ? Et clamer, comme dans la série préférée d’Anita (le Prisonnier) :

 

                                      I AM NOT A NUMBER !  I AM A FREE MAN !

Par Café-philo de Poissy
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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /2009 15:04

Peut-on maintenir une pensée autonome dans un mouvement collectif ?

 

La pensée est un terme générique qui englobe aussi bien l'image la plus fugitive que le raisonnement le plus construit. Notre sujet me semble plus axé sur l'expression d'une pensée construite et exprimée.

Quel mouvement collectif ? Bien sûr, les mouvements politiques, les syndicats. Mais pas seulement. Il y a aussi toutes les associations, les religions, les communautés professionnelles et, à la limite, pourquoi pas les familles ?


Une pensée créatrice, conceptuelle, peut-elle se développer toute seule, ex-nihilo, ou a-t-elle besoin d'une collectivité pour se conforter ou pour s'opposer ? Quel type de pensée pouvait avoir Robinson sur son île avant l'arrivée de Vendredi ?

L'autonomie n'est pas indépendante de la collectivité concernée. Dans une secte, remettre en cause fugitivement, et simplement dans son esprit, un des dogmes fondateurs est déjà absolument condamnable et insupportable pour le groupe. Dans une armée, rien n'empêche de penser que le supérieur est un idiot, mais il est tout à fait interdit de l'exprimer. Dans un groupe de chercheurs, chacun est incité à laisser libre cours à sa créativité et à son imagination. Ce sont souvent les idées iconoclastes qui ont fait avancer la science. Mais même là, cette liberté a des limites ; il serait impossible à un chercheur, dans une réunion d'astronomes, de prétendre que le soleil tourne autour de la terre.

Qu'advient-il si quelqu'un exprime une pensée autonome qui dépasse les limites admises par le groupe ? Il est au mieux mis en quarantaine, mais le plus souvent exclu violemment.

Peut-on, tout seul, développer une pensée autonome dans un groupe ? Il y a deux siècles, dans un village, il était impossible d'avoir une attitude ou une pensée contraire à celle de la communauté. La sanction immédiate était l'exclusion avec toutes ses conséquences.

Plus la pensée est originale, plus elle doit être portée par un sous groupe fort et homogène. Seul des êtres d'exception ou atteint d'une pathologie peuvent êtres certains d'avoir raison contre tout le monde. On a toujours besoin d'esprit avec qui rentrer en résonnance. Et il est pratiquement impossible dans une discussion à plusieurs d'être seul contre tous ( même pour D'Artagnan).

L'autonomie que nous autorisons à notre pensée dépend aussi de l'indépendance que nous avons par rapport au groupe. Dans une association, si l'ambiance générale ne me convient pas, je pars. Dans mon milieu professionnel, c'est plus difficile. En temps de guerre, il est mal vu de vouloir quitter l'armée.

Considérons une collectivité plus importante : les Français. Nous avons une liberté de pensée très grande ( pas illimitée bien sûr). Mais en quoi notre pensée est-elle autonome ? En quoi est-elle façonnée par tous les messages dont nous sommes abreuvés ?

En général n'est-il pas plus « confortable » de penser comme tout le monde ? Si la pensée se révèle, erronée alors nous n'étions pas les seuls et la faute est diluée.

Vivons-nous dans une société qui, à tout prix, veut éviter les conflits ? Il y a une forte pression pour canaliser toute pensée autonome. Si je dis que, dans un lycée, l'objectif est la réussite des élèves, et non le plan de carrière de tel ou tel, tout le groupe me tombe dessus pour éviter les conflits en salle des professeurs. Et ceci sans même aborder le fond de la question.


A mon avis, nous ne pouvons pas avoir de pensée construite hors d'une collectivité. Notre famille a été indispensable dans notre manière de penser soit par imitation, soit par opposition.

De plus il est difficile, et parfois dangereux, d'avoir une pensée très autonome.

De même que le thermomètre que l'on plonge dans une préparation en change la température, quand nous intégrons un groupe nous agissons sur le groupe et il agit sur nous et alors nous ne sommes plus autonomes.


Jean-Louis

 

Par Café-philo de Poissy
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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /2009 10:38

 

Avec Vincent Lindon, Firat Ayverdi, Audrey Dana, Derya Ayverdi, Thierry Godart...
France 2 009 Couleur 1H50
A Achères, au Pandora,
mardi 21avril à 18H20, mercredi 22 avril à 18H20, jeudi 23 avril à 18H20, vendredi 24 avril, 18H0et 22H30, samedi 25 avril, 18H20 et 22H20, diamnche 26 avril à 18H00, lundi 27 avril à 20H30, mardi 28 avril à 20H30.

S'il est un film qui parle constamment d'engagement, c'est bien Welcome. Comme Simon, nous tentons de vivre, dans une sorte d'indifférence aux malheurs qui nous entourent. D'ailleurs cest ce que lui reproche son ex-femme,  regarder la misère du monde sans rien faire,  ne pas s'engager,  rester au bord par peur d'être débordé. Et peut-être est-ce en réaction à ce reproche, dans un premier temps, que Simon va aider un jeune Kurde, qui vient prendre des cours de natation. La mondialisation de l'information, les drames qui surgissent à nos portes, nos propres difficultés, font que l'on se sent impuissant à résoudre des situations qui la plupart du temps ne dépendent pas de nous;  nous nous retranchons alors derrière des barrières qui nous protègent plus ou moins efficacement du désordre absurde du monde. Mais il arrive aussi parfois que nous soyions touchés et que nous embrassions alors la vie et le destin de quelqu'un d'autre.  Welcome est aussi l'histoire magnifique de cette rencontre.
Un autre film, magnifique, de Clint Eastwood, Gran Torino, est aussi l'histoire d'une rencontre qui va bouleverser la vie et les préjugés d'un vieil homme bougon et raciste.
A voir, absolument...

Par Annick - Publié dans : Comment agir et suivant quels principes? - Communauté : Cafés-débats
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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /2009 12:09
Action collective (spontanée ou dirigée) tendant à produire un changement d'idées , d'opinions ou d'organisation sociale.
Mouvement révolutionnaire, insurrectionnel.
Par extension : Organisation, parti qui dirige ou organise le mouvement social.
Mouvement syndical, Mouvements de jeunesse, Mouvements de libération nationale. Mouvement littéraire, artistique. Le mouvement romantique, symboliste, dada, surréaliste
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Le petit Robert
Par Café-philo de Poissy
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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /2009 11:43


Sartre a représenté la figure de l’intellectuel engagé au XXe siècle plus qu’aucun autre, plus que Camus peut-être, avec qui la polémique a été vive, et avec lequel Sartre finira par se brouiller.

 

Sartre a posé les bases d’une nouvelle philosophie de la liberté et de la responsabilité dans « l’Etre et le néant », ouvrage philosophique assez ardu, qu’il a rendu plus accessible avec « L’existentialisme est un humanisme ». Le maître mot en est « l’existence précède l’essence » : nous sommes ce que nous faisons et décidons et non des êtres dont le destin serait fixé à l’avance.

Cette philosophie qui deviendra un mouvement et un style de vie, repose sur l’idée que la conscience de l’homme introduit au cœur du sujet un hiatus, un espace, un « néant » qui l’empêche de coïncider avec lui-même comme peut le faire un objet. L’homme peut toujours changer d’orientation, poser des choix qui ne sont pas seulement le reflet de son origine et de son milieu. En effet, ce n’est pas parce que vous êtes de parents catholiques, ou communistes, que vous le serez vous-mêmes. Vous pouvez toujours changer de vie.

L’homme, puisqu’il n’est pas guidé uniquement par son instinct, est un être de projets, qui s’engage dans le monde. Il doit se projeter dans le monde car il est libre, et en tant qu’être libre, « il se créé lui même, il crée son être, ses idéaux, ses valeurs par sa seule initiative, d’une manière toute gratuite. »

Il n’y a pas de déterminisme, les motifs qui peuvent inspirer mes actes, par ma capacité à réfléchir et à mettre à distance, peuvent être reconsidérés, et mêmes niés.

         Cette philosophie permet donc l’engagement. L’homme doit orienter son existence par son action, lui trouver un sens, ou une raison d’être. Il fait partie d’une communauté humaine dans laquelle il peut agir, ou plutôt il doit agir, car ne rien faire c’est encore faire quelque chose, donner son assentiment aux injustices qui sont commises.

Mais agir, c’est aussi accepter le compromis,  et avoir parfois « les mains sales », au même titre que celui qui répare une voiture, prépare la pâte d’une tourte, va se salir les mains.  L’homme est un « artisan » qui ne vit pas dans un monde d’idées et d’intentions. C’est aussi la critique d’une certaine philosophie où l’on juge l’acte uniquement par son intention,- si l’intention est pure, l’acte est pur.

         C’est pourquoi Sartre a été assez longtemps proche du parti communiste français avec lequel il rompra lorsque l’armée rouge écrasera l’insurrection de Budapest.

Son livre « Les mains sales » qui est une pièce de théâtre, pose la question de l’usage de la violence dans l’action révolutionnaire. La fin justifie-t-elle les moyens ? Ne risque-t-on pas ternir son idéal par les moyens employés pour le réaliser ?

Albert camus, dans une autre pièce, « Les Justes » fera écho à celle de Sartre. A partir d’un fait historique réel, il pose la question de savoir si on peut commettre des crimes au nom d’un idéal sans devenir soi-même un criminel.

Jusqu’où peut-on nier sa pensée et sa liberté au nom d’une cause ?

 
Bibliographie

L'existentialisme est un humanisme, Folio essais Gallimard.

L'être et le néant, Collestion Tel Gallimard
Les mains sales, Jean-Paul Sartre, Folio Gallimard
Les justes , Albert camus, Folio Gallimard

Pour en savoir plus :

Les douze thèmes principaux de la philosophie existentielle

 

Une BD amusante sur Sartre et Camus

 

La polémique Camus-Sartre

 

Le rôle des intellectuels.

 

 

 

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