Philopiste

Souriez, vous êtes filmé ! (ou la dérive sécuritaire)

 

            Le désir de discuter de ce sujet m'est venu en regardant une série télévisée : « FBI porté disparu », où il suffit que les policiers se procurent le moindre détail sur une personne pour tout savoir sur elle immédiatement. Depuis son premier rhume jusqu'au repas de la veille au soir, en passant par l'ensemble de ses communications téléphoniques. Tout ceci pour le bien des honnêtes gens.

            Donc, les questions que nous pourrions nous poser sont : de quelle sécurité avons-nous besoin ; à quel coût, pour notre vie privée et notre liberté ; et assurée par qui ?

            Un philosophe anglais du XVII° siècle, Hobbes, répond à cette question dans son livre : « le Léviathan ». Pour lui, les hommes sont en lutte tous contre tous, d'où l'expression : « L'homme est un  loup pour l'homme ». Et la seule possibilité d'assurer notre sécurité, c'est de se mettre sous la protection d'un puissant et de ce fait lui abandonner tous nos droits. Il va sans dire que Hobbes était partisan de la monarchie absolue.

            A la même époque un autre philosophe, Locke , est un promoteur du libéralisme politique, où le roi est soumis aux lois, et où la sécurité de la nation est assurée par le parlement. Si nous prenons deux siècles plus tard l'ouest des États-Unis :  au début chacun se défend le colt à la main ; mais après des shérifs sont chargés d'assurer l'ordre, ils sont élus et révocables par la population. C'est dans ce pays qu'en 2001 le USA Patriot act est voté. Il oblige toute personne, physique ou morale à communiquer au FBI les renseignements qu'il demande sans en informer la personne concernée (200 000 cas entre 2003 et 2006).

            De quelle sécurité avons-nous besoin ? Comment hiérarchiser les dangers qui nous menacent ? Pourquoi certains faits sont-ils montés en épingle ?

            Il est évident que nous avons besoin de sécurité, comme disait le rat des champs : « Fi d'un plaisir que la peur peut corrompre ». Mais une sécurité absolue est-elle nécessaire, est-elle possible ? Devons-nous nous assurer contre tout : la neige en hiver , le soleil en été ?            

            Qui menace le plus ma vie ? Le délinquant relâché par un juge obligatoirement laxiste, ou le conducteur inattentif lorsque j'essaie de traverser une rue à Paris ? Il n'y a pas très longtemps, il y avait en France 12 000  morts par an sur les routes (en moyenne plus de 30 par jours, dont bon nombre d'enfants) et l'on considérait cela comme une fatalité inévitable, mais lorsque qu'un enfant a été enlevé et tué par Patrick Henry, Roger Gicquel  ouvre son journal par la phrase :  « La France a peur ».

            La peur permet-elle de vendre plus de journaux ? De faire accepter des lois plus coercitives ? Les violences dans les lycées existent tout au long de l'année, avec généralement une pointe en décembre. Mais, avant noël, les médias pensent à autre chose. Survient un creux dans l'actualité, et tout d'un coup, les lycées sont à feu et à sang. A ce sujet lire l'article de Daniel Schneidermann  dans le journal libération du 22 février 2010 : « La violence scolaire, une valeur en hausse ».

            Comment sommes-nous surveillés ? Avec quelle efficacité ? Et avec quels dangers ?

            Les possibilités de surveillance progressent au rythme de l'informatisation de la société. La carte bancaire indique ce que vous avez consommé, où et quand. Un reportage à la télévision montrait un banquier utilisant ces informations pour décider ou non d'accorder un prêt. Il y a aussi téléphone portable qui indique non seulement l'historique de vos communications mais aussi le lieu où vous êtes. Deux journalistes anglais ont fait une expérience : l'un, grâce à un logiciel et au numéro du portable de l'autre, a pu le suivre dans ses déplacements toute une journée à cinquante mètres près. Les puces RFID qui se généralisent, par exemple dans le passe navigo, permettent de contrôler en temps réel l'activité de la personne. Les caméras de surveillance, présentées comme la panacée de la sécurité, se multiplient au grand bénéfice des fournisseurs. Par exemple, à Londres, qui est en pointe sur ce sujet, un londonien peut-être filmé jusqu'à 300 fois dans une journée (une fois toutes les une ou deux minutes). Mais si l'on veut surveiller les millions de Londoniens, il faut combien de personnes derrière les écrans des caméras ? Lors des attentats de Londres, la police a pu rapidement retracer le trajet des poseurs de bombes, mais elle n'a pas pu prévenir l'attentat. Les caméras que l'on met dans les lycées augmentent-elles la sécurité ou la bonne conscience des décideurs ? Vont-elles empêcher le racket, l'intimidation, ou seulement les tags effectués en face de la caméra ? Plus la masse d'information augmente, plus elle est difficile à gérer. Récemment un Nigérian a essayé de faire exploser un avion avec des explosifs cachés sur lui. Or son père l'avait signalé aux autorités américaines. Malgré cela, il a pu embarquer. On va donc surveiller des millions de passagers et laisser passer des cas évidents. Peut-on dire que trop d'information tue l'information ?

            Mais le progrès est en marche. Les nanotechnologies arrivent. Alex Turk, président de la commission informatique et liberté déclare (libération du 25 février) : « Serons-nous capables de renoncer ou d'interdire des applications ? Lorsque les systèmes d'observation et d'écoute deviendront invisibles, comment serons-nous certains d'être seuls ? Il faut vraiment y réfléchir car cela sera irréversible ».

            Qui a le droit de nous surveiller ? Qui contrôle les surveillants ? Quelles possibilités avons nous d'accéder aux informations collectées sur nous ?

            Au prétexte de quelques cas fortement médiatisés, on laisse les autorités fouiller à loisir dans notre vie privée. Avec la justification mille fois répétée : «  Si vous n'avez rien à vous reprocher, vous ne risquez rien ». Est-on obligé d'avoir une vie sans tache ? Si monsieur X est rentré chez lui un peu éméché il y a trente ans n'a-t-il pas le droit à l'oubli ?

            Est-on obligé d'être transparent ? Dans le sabotage des TGV, un policier a dit que Julien Coupat était suspect car il n'avait pas de téléphone portable. Autrement dit, il n'était pas possible de surveiller ses déplacements.

            Dans une petite communauté, un village par exemple, tout le monde se connaît et sait tout sur les activités de l'autre. Ceci n'est peut-être pas plaisant, mais c'est réciproque ; je peux surveiller mon surveillant. Or maintenant certains s'arrogent le droit de surveiller et d'autres n'ont que le droit d'être surveillés « big brother vous regarde ».

            Il est toujours affirmé que toutes ces informations ne sont consultables que par la justice et la police. Ceci est bien sûr faux ; il peut toujours y avoir des fuites. Par exemple, lors de la dernière campagne électorale pour les régionales en Ile de France, des candidats du Val-d'Oise ont divulgué des informations confidentielles sur un concurrent, certaines provenant des fichiers de la police, d'autres de la justice. 

            Et si ses informations sont fausses ? Comment les faire rectifier ? Comment vérifier que la rectification a été faite ? Supposons que j'aie un homonyme qui soit bien connu des services de police, serai-je continuellement en butte à toutes les suspicions ?

            Comment faire pour effacer les informations vraies ou fausses présentes sur internet ? Un recruteur doit-il tout savoir de moi ? Si j'ai imprudemment mis des textes ou des photos, sur internet suis-je obligé d'en pâtir toute ma vie ?

           

            Toutes ces questions peuvent alimenter notre réflexion en vue de notre réunion du 8 avril 2010

 

                                                                                                Jean-Louis

 

Quelques livres qui m'ont aidé à préparer ce texte :

 

La frénésie sécuritaire (retour à l'ordre et nouveau contrôle social)

sous la direction de Laurent Mucchielli aux éditions La découverte.

Sous surveillance (démêler le mythe de la réalité)

de Françoise le Blomac et Thierry Rousselin aux éditions Les cahiers de l'info.

La globalisation de la surveillance (aux origines de l'ordre sécuritaire)

d'Armand Mattelart aux éditions La découverte.

La démocratie post-totalitaire

de Jean-Pierre Le Goff aux éditions La découverte.

Touche pas à ma vie privée Que choisir numéro spécial septembre 2009.


    

Mercredi 9 juillet 2008 3 09 /07 /2008 18:21



" De Platon à Descartes et encore aujourd'hui, nombre de philosophes ont tenté de définir l'humour en s'interrogeant sur les mécanismes de déclenchement du rire.

L'humour et les mots d'esprit ont toujours constitué une « soupape » par rapport à la répression étatique et sociétale, en rétablissant une communication contre l'interdit de dire...."

Pour lire la suite, rendez-vous sur le blog de Quentin-Philo, café-débat  qui a souvent des sujets proches des nôtres, traités, à ce que nous avons pu voir, avec brio!
http://quentinphilo.over-blog.com/article-289804-6.html#comment26255172

Vous y trouverez aussi les dates de leurs réunions, bi-mensuelles, et les thèmes!

Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Philosophie, anthropologie, métaphysique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /2008 08:18
Ces articles permettent d'explorer la thématique du rire sans pour autant traiter le sujet.... Il faudra attendre les  philopistes !!!
Pierre Desprosges
.- Le tribunal des flagrants délires. On peut rire de tout mais pas avec .....n'importe qui. (Vidéo)
http://tv.jubii.fr/video/iLyROoafYv8e.html

Ecole des hautes études en sciences sociales
La philosophie et le rire
Conférence de Quentin Skinner. Juin 2001
http://cmb.ehess.fr/document54.html

Une étude sur le rire chez Bergson http://sergecar.club.fr/oeuvre/Bergson_le_rire.htm

Une étude et un numéro spécial du CNRS de Lyon :
http://sfeds.ish-lyon.cnrs.fr/publications/popUp/2000.html

Le figaro a publié un article scientifique sur le rire. Quels sont ces mécanismes?http://www.lefigaro.fr/sciences/20070516.FIG000000059_peut_on_vraiment_mourir_de_rire.html

Rire avec Sénèque?
http://pagesperso-orange.fr/aplg/rireavecseneque.htm

Le rire de Démocritehttp://maxd.blog.lemonde.fr/2007/04/07/rire-fou-ou-fou-rire-de-democrite/
Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Philosophie, anthropologie, métaphysique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /2008 08:13

Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer. »
          Pierre Caron de BEAUMARCHAIS, Le Barbier de Séville

 

« Les ris et les pleurs se confondent si bien dans la vie. »
          Thomas de QUINCEY, L'Anglais mangeur d'opium

« RIRE est le propre de l’homme. »
           RABELAIS, Gargantua

 

C'est quelque chose, le rire : c'est le dédain et la compréhension mêlés, et en somme la plus haute manière de voir la vie.
          Gustave FLAUBERT,

Celui qui ne sait pas rire ne doit pas être pris au sérieux.
Passion fixe

          Philippe SOLLERS,

 

Ceux qui cherchent des causes métaphysiques au rire ne sont pas gais.
Dictionnaire philosophique

           VOLTAIRE,

Il faut rire avant d’être heureux, de peur de mourir sans avoir ri.
Les Caractères

           ,

 

L'homme souffre si profondément qu'il a dû inventer le rire.
         

La plaisanterie expliquée cesse d'être plaisante.
           VOLTAIRE,

 

On ne rit pas pour rire mais pour être applaudi.
Julie ou la nouvelle Héloïse

          Jean-Jacques ROUSSEAU,

Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Philosophie, anthropologie, métaphysique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /2008 07:25

Prochain sujet :
P
eut-on
 rire de tout ?



                             Le 11 septembre 2008

Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Thèmes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /2008 07:01

Sujets pour la saison 2008-2009


Réfléchir/débatt re


le 11 septembre 2008
Peut-on rire de tout ?
philopistes : Claire, Isabelle, Annick


le 09 octobre 2008
Si Dieu n'existe pas, est-ce que tout est permis?
philopistes : Claire, Angélique

le 13 novembre 2008
Morale de qui?
philopistes : Jean-Louis

le 11 décembre 2008
La compétence donne-t-elle des droits?
philopistes : Roger, Jean-Louis

le 08 janvier 2009
En démocratie, le peuple a-t-il raison ?
philopistes : Claire, Isabelle

le 12 février 2009
Comment reconnaître un esprit en bonne santé ?
philopistes : Josyane, Claire

le 12 mars 2009
Ai-je le droit de mourir?
philopistes : Angélique, Annick

le 09 avril 2009
Le langage est-il un moyen de maîtrise et de domination?
philopistes : Claire, Isabelle.

le 14 mai 2009

Peut-on maintenir une pensée autonome dans un mouvement collectif ?
philopistes : Claire, Jean-Louis, Annick

le 11 juin 2009
Qu'est-ce que profiter de la vie ?
philopistes : Claire, Isabelle, Annick, Jean-Louis, Jean-Jacques, Josyane, Roger, Angélique.

Par Café-philo de Poissy
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /2008 14:11

Avec l'autorisation de Canal-U
Cliquez sur les liens pour voir la vidéo
http://www.canalu.fr/canalu/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2003/la_globalisation_du_globe_aux_effets_globaux/la_nouvelle_economie_monde

Guerre et paix à l'âge de la mondialisation


 

Les philosophies de la mondialisation

 

Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Les questions autour de l'Homme et la société
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /2008 12:17

CAFE-PHILO DU 12 JUIN 2008 : ETRE CITOYEN A L’ERE DE LA MONDIALISATION .

 

Introduction :

De nos jours, la citoyenneté renvoie à l’idée de nation .  Ce terme à pour origine  la cité grecque, ce qui recouvrait une toute autre réalité, mais qui peut nous aider néanmoins à mieux cerner cette notion . Nous verrons également qu’aux valeurs citoyennes se mêlent des valeurs humaines et identitaires .

 

Aujourd’hui, la citoyenneté se pose à l’échelle mondiale .Est-ce possible pour tous et comment ?

La notion de mondialisation implique plusieurs domaines : d’abord économique mais aussi politique, social, philosophique … Différentes notions (mondialisation, mondialisme, libéralisme, altermondialisme …) sont à définir afin de voir comment la citoyenneté peut y trouver un sens .

 

 

La citoyenneté :

« Citoyen » vient du grec « civis » : celui qui a droit de cité .

     Dans les pays occidentaux, la définition de la citoyenneté est généralement liée à l’exercice du droit de vote : sont citoyens les personnes qui peuvent voter .

Des pays tels que la France, la Grande Bretagne, l’Allemagne, l’Italie et les USA ont vécu une évolution parallèle :

                                    - principe du suffrage universel masculin acquis fin 19ème/début 20ème

                                               - droit de vote accordé aux femmes
                                   -         abaissement de la majorité électorale à 18 ans

-  de nos jours, le débat concerne le vote des étrangers . En Europe, depuis le traité de Maastricht(1992), les étrangers ressortissant d’un état membre de l’UE peuvent se présenter et voter aux élections municipales .

 

     Historiquement, un citoyen était un membre d’une cité grecque disposant du droit de suffrage dans les assemblées politiques . Il participait aux décisions de la cité relatives aux lois, à la guerre, à la justice, à l’administration, au culte…
La citoyenneté était liée à la démocratie : pouvoir du « demos »=du peuple .

Les principes fondateurs de cette démocratie étaient les suivants :

-         l’isonomia : l’égalité du partage = partage de la citoyenneté, ce qui comprenait également des devoirs très contraignants .

-         l’isegoria : l’égalité de parole : le droit de prendre la parole à l’Ecclesia  . Cependant,  il ne s’agissait pas de prendre la parole pour régler ses comptes ou faire valoir des intérêts privés : on était alors soumis à la « graphe para nomon » = action en justice à caractère public qui pouvait prononcer des sanctions très lourdes : de l’atimie : déchéance des droits de citoyenneté définitive ou temporaire à l’ostracisme : bannissement d’une durée de dix ans .

Etre citoyen était donc un privilège (les citoyens représentaient seulement 10 % de la population athénienne) dont étaient exclus les femmes, les métèques et les esclaves . Il fallait user de ce privilège avec beaucoup de circonspection et la contrepartie en terme de devoirs était très contraignante .

 

 

     Pendant la Révolution française, le terme « citoyen » a été utilisé par opposition à « sujet »    (du roi ). Il permettait de désigner tout homme sans notion de hiérarchie par opposition à la noblesse . A noter : pendant cette période, les termes « citoyen » et « citoyenne » ont été utilisés pour remplacer « Monsieur, Madame et Mademoiselle » .

De nos jours, un citoyen est une personne qui relève de la protection et de l’autorité d’un Etat dont il est un ressortissant . Il bénéficie des droits civiques et politiques et doit accomplir ses devoirs envers l’Etat : payer ses impôts, respecter les lois, remplir ses devoirs militaires, être juré de Cour d’assise… La citoyenneté est la qualité du citoyen qui ouvre des droits civiques et politiques tout en créant des devoirs . Elle est liée à l’obtention de la nationalité par filiation, par la naturalisation ou par option .

 

 

     Etre citoyen, c’est aussi  reconnaître son appartenance à la culture d’une nation, et pouvoir s’identifier à ses valeurs . Aux principes citoyens se mêlent donc des valeurs humaines et identitaires . Peut-on être Homme sans être citoyen ? Autrement dit, peut-on réaliser son humanité en dehors des liens politique et sociaux?

En effet, je suis membre de la « cité » parce que j’ai des droits civiques et que je participe aux décisions de l’Etat . Je suis donc citoyen parce que j’exerce ma citoyenneté : cette notion n’est pas innée .

En revanche, je peux considérer que je nais « Homme » .

Or, l’homme peut-il réaliser son humanité s’il est privé de citoyenneté ?

 

Mondialisation, mondialisme, altermondialisme :


     Aujourd’hui, la question de la citoyenneté se pose à l’échelle du monde .

L’expression « citoyen du monde » désigne une personne qui proclame son attachement à l’ensemble de l’humanité et qui refuse les frontières entre les nations . Cette idée est d’ailleurs très ancienne puisque Socrate disait déjà : « Je ne suis ni d’Athènes ni de Corinthe, je suis citoyen du monde . »

 
     La mondialisation
(=globalisation pour les anglais) est le processus d’ouverture de toutes les économies nationales sur un marché devenu planétaire . La mondialisation est favorisée par l’interdépendance entre les hommes, la déréglementation, la libéralisation des échanges, la délocalisation de l’activité, la fluidité des mouvements financiers, le développement des moyens de transport et de télécommunication .

     Ce terme est surtout utilisé dans le domaine économique, mais cette mondialisation touche toutes les activités humaines : industries, services, commerces, politique, social . Elle concerne aussi la communication et les échanges entre tous les individus de la Terre devenue « village planétaire » et entre les différentes cultures .

     Ce processus de mondialisation  a été critiqué, accusé d’entraîner une libéralisation excessive, l’hégémonie des grandes multinationales, l’émergence d’un standard culturel au détriment des particularités, bref, c’est dans ce contexte qu’apparaît l’altermondialisme,  mouvement social qui revendique et met en avant des valeurs comme la démocratie, la justice économique, la sauvegarde de l’environnement, les droits humains en vue d’une mondialisation maîtrisée et solidaire .

     Très hétérogène et composé d’une multitude d’associations, de mouvements d’horizons divers, d’organisations non gouvernementales, l’altermondialisme se manifeste par des positions qui vont du réformisme à la rupture .


L’altermondialisme apparaît dans les années 1980 . Principales positions et propositions :

-         démocratiser les règles des grandes instances internationales considérées comme non démocratiques (BCE, FMI, Banque mondiales) et accusées d’abriter des lobbies d’intérêts privés .

-         alléger la dette des pays pauvres .

-         développer un commerce équitable (garantie que le producteur bénéficie d’un revenu équitable) .

-         Empêcher l’épuisement prévisible des ressources naturelles pour un développement durable .

-         exclure l’agriculture des négociations de libéralisation pour garantir la souveraineté et la sécurité alimentaire .

-         exclure l’éducation, la santé, les services sociaux, la culture des négociations de l’OMC .

-         démanteler les paradis fiscaux

D’autres propositions concernent la justice, la garantie de la paix, la démocratie , les droits de l’homme .

Face au mondialisme, l’altermondialisme se fait donc le garant des valeurs humaines et citoyennes .

 

 

     Un autre mouvement  présente également un intérêt pour notre réflexion : il s’agit du mondialisme.

Celui-ci, en tant qu’idéologie, se distingue de la mondialisation qui est un processus . Il ne privilégie pas d’orientation politique particulière .

Ce mouvement est apparu au 18ème siècle chez les Illuminati et chez les Francs-maçons et s’est développé après la deuxième guerre mondiale . La Révolution française a contribué au mondialisme par l’universalisme des « idéaux de 1789 » .

    
Ce mouvement universaliste  vise à l’unité politique au niveau mondial de la communauté humaine. Il exprime la solidarité des peuples du monde entier et cherche à instituer des organisations et des lois supranationales, dans le respect de la diversité des cultures et avec une meilleure participation des citoyens dans le cadre d’une citoyenneté mondiale .

La  nouvelle organisation politique proposée par le mondialisme implique le transfert d’une part de la souveraineté nationale à une autorité fédérale mondiale (de type ONU) qui serait plus à même de résoudre, par décision majoritaire, les problèmes mettant en danger le destin de l’humanité : faim, guerre, pollution, énergie…

                                   

Conclusion : la mondialisation, que les historiens font remonter aux grandes expéditions maritimes    ( ex : le tour du monde de  Magellan  en 1522) a  permis à l’homme d’ouvrir ses horizons . De ce fait, elle semble inéluctable . D’abord économique, elle a néanmoins entraîné une vraie réflexion citoyenne :  les valeurs humaines  intrinsèques aux valeurs citoyennes sont au cœur de l’altermondialisme et du mondialisme .

Le premier  implique chaque individu dans sa vie quotidienne : comment puis-je manifester ma conscience de citoyen dans mon quotidien ? consommer équitable, tri sélectif etc.

 Le second, en plus de la dimension philosophique concernant le respect de l’universalité de la personne, des peuples et l’avenir du monde vise à une organisation politique solide qui permette d’exercer une citoyenneté mondiale .

Cependant, il reste  à voir comment des individus aussi différents qu’un PDG de multinationale et un petit paysan d’un village africain vont pouvoir  développer et exercer leur citoyenneté . Est-il possible de partager des valeurs mondiales ? Autrement dit, existe-t-il une universalité de valeurs accessibles à tous ?

Certains sont citoyens et n’exercent pas leur citoyenneté (ne vont pas voter par exemple) et d’autres n’ont pas cette liberté . En Chine, le penseur Liang Qichao met l’accent sur l’obligation du citoyen d’assurer un état prospère et puissant et non sur l’obligation du gouvernement d’assurer des libertés.

 La conscience politique doit-elle faire l’objet d’une éducation ? Tous les citoyens peuvent-ils et doivent-ils être égaux ?

 

 

                                                                                                                                    Isabelle

 

 

Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Les questions autour de l'Homme et la société
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /2008 11:35

     Lors de cette émission, la question posée "Demain tous métis?" suscite un débat polémique entre plusieurs invités, un philosophe, un journaliste, une romancière, et une jeune femme qui a créé une association "Les indivisibles" afin de lutter contre l'assimilation entre type physique et nationalité. La question se pose alors de savoir ce qui définit l'identité nationale. Est-elle la prédominance d'une culture qui vise à assimiler par la force si besoin est, ou simplement le fait d'être né dans un lieu, d'y grandir et d'y vivre, de s'y sentir bien ? Les différents points de vue sont défendus par les intervenants présents, dont un particulièrement va susciter l'indignation.
Se réduit-on à sa nationalité ou est-on multiple, ouvert sur le monde? Je vous invite à regarder des extraits de cette émission d'Arte .... en cliquant sur le lien suivant...

http://www.dailymotion.com/related/x7eq1j_demain-tous-mtis-12_news/video/x7eqcb_demain-tous-mtis-22_news

 

Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Les questions autour de l'Homme et la société
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /2008 23:12

Etre citoyen  à l’ère de la mondialisation

 

 

« Liberté, égalité, fraternité » , c’est ce que proclame la déclaration des droits  de l’Homme et du Citoyen en 1791, avec ses espoirs et ses idéaux !

De là découlent la constitution de 1946 puis la déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 et enfin la convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales de 1950.

 

La notion de citoyenneté tend vers l’universalité ; c’est pourquoi elle a évolué dans le temps et s’est élargie d’un niveau national à un niveau européen puis mondial.

 

La citoyenneté est la manifestation d’une identité commune .    Les citoyens ont tous la même nationalité (de naissance ou acquise), signe que l’on fait partie d’un groupe particulier : la nation .

     Les citoyens ont le droits de vote ( suffrage censitaire en 1791, suffrage universel masculins en 1848 et le droit de vote des femmes en 1944) . Et depuis le traité de Maastrich en 1992, les ressortissants de l’union européenne peuvent participer aux élections municipales en France

 

Est apparue une nouvelle forme de citoyenneté grâce à l’évolution technologique et la naissance de grandes organisations (OMC), la citoyenneté mondiale. Ce qui a engendré une opinion mondiale puisque chacun peut être informé et peut participer à sa façon.

Mais est-ce bien la citoyenneté au sens juridique du terme ?

   En effet, il n’y a pas de droit de vote mondial, chaque pays applique ou non la citoyenneté à sa façon, il n’y a pas de parlement mondial, ni de pouvoir judiciaire et exécutif mondiaux. Après, la citoyenneté évolue toujours...Pour le moment, il s’agirait peut être d’une citoyenneté mondiale morale.

 

   D’autre part, est-ce que chacun est conscient de ses droits et devoirs de citoyen et les applique ?

Le citoyen doit voter par principe, a les devoirs d’éducation, d’information, d’assistance a une personne en danger et de respecter l’environnement et le patrimoine commun.

   Alors pourquoi certains ne participent-ils pas à la vie citoyenne ? Pourquoi ne votent-ils pas toujours ? Pourquoi la violence et les incivilités ?

   Certains préfèrent seulement profiter des avantages de la mondialisation (voyages, jeux, vêtements...) sans se soucier de leurs responsabilités ni de leur avenir.

D’autres seraient exclus de la citoyenneté en raison de leur statut, de leurs conditions familiales, professionnelles et économiques.

   La citoyenneté d’une personne semble être mise à mal par une situation sociale difficile. En effet, l’emploi et le logement qui devraient être des droits et qui  ne sont pas applicables dans une période de crise économique et de chômage, les sans-abris ne peuvent pas voter faute d’adresse ...et puis leurs priorités sont certainement ailleurs. On est plus dans le faire valoir de ses droits  de façon concrète que dans l’exercice d’un droit de vote qui ne changera pas leur quotidien et en lequel ils ne croient peut-être plus.
    Alors au niveau mondial...Un territoire trop grand où il est encore plus difficile de  rester citoyen et d’y trouver sa place.  

 

Angélique

   

Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Les questions autour de l'Homme et la société
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /2008 19:00



Etre citoyen à l’ère de la mondialisation ?

-- Moi, je suis absolument ravie, car je viens d’acheter chez Leclerc deux jeans en solde pour 30 euros (et en plus, ils sont de marque). Puis, les ourlets seront faits gratuitement (par des femmes turques).

Oui, je sais, ils n’ont pas été fabriqués en France. Mais bon …

 

Le coton : cultivé au Brésil avec force pesticides par des ouvriers colombiens payés 0,20 E de l’heure ou de la demi-journée. Puis, lavé, préparé, teinté en Haïti par des femmes et des enfants dans des hangars mal aérés, 10 à 12 heures par jour.

Ensuite, une partie du tissu, envoyé au Mexique, où le coton sera découpé à la chaîne par cent couseuses peu éloignées de l’esclavage (confiscation des papiers, …) ; les pièces pour les futurs jeans seront montées et surfilées dans cette usine. Alors, les « pré » pantalons seront expédiés dans une ville américaine, cousues par des travailleurs « au noir », immigrés de préférence. Une multinationale de renom rachètera le lot prévu pour l’Europe pour une poignée de dollars. Puis, le marketing et la distribution, dans leurs différentes étapes, multiplieront par deux cents le prix de chaque pantalon.

On sera très loin du cours du coton sur la bourse internationale, du producteurs et de ses ouvriers, des monteuses, couseuses et autres petites mains qui n’ont pas la chance d’être nées du bon côté des manettes de commande.

 

Pourtant, j’en ai vraiment besoin de ces jeans. Et je ne suis pas une exploiteuse du peuple ; je suis même une syndicaliste convaincue.

 

Par ailleurs, en temps que femme de la modernité, je ne vais pas faire mes habits moi-même, avec la laine de mes moutons. On peut dire que ça manque de confort (ça gratte), d’esthétique (genre sac), et de modernité (ça met 3jours à sécher). Je pourrais les faire en couture, avec du vrai tissu, mais je suis nulle en couture.

 

Alors, que faire ? Pleurer sur la misère des pauvres canuts de l’autre bout du monde, tout en leur proposant d’adhérer à un syndicat ? M’habiller en « made in France » mais je sais fort bien que c’est un mensonge ? M’habiller en sac en élevant mes moutons et mes vers à soie (ce qui nécessite une activité à plein temps ) ?

 

Quel rapport peut-il exister entre la production de coton et mes jeans en solde ?

 

Une personnalité de Poissy nous dit qu’être citoyen, cela peut se développer sur trois points : la curiosité, la conscience, la responsabilité.

 

Curiosité : se renseigner sur la circulation des marchandises, notamment avec le découpage des différentes étapes de confection, comme une chaîne qui se ferait à l’échelle planétaire. Savoir d’où vient le teck de ma table de jardin, le charbon de bois de mon barbecue, les nike à mes pieds etc.

 

Conscience : c’est bien d’être au courant, mais cela ne suffit sûrement pas pour faire cesser ces trafics. Par ailleurs, il ne s’agit pas non plus de culpabiliser le consommateur, car tous ont envie d’acheter des jeans moins chers.

 

Responsabilité : En réduisant ma consommation, en discutant autour de moi, est-ce que cela suffit ? Je ne suis ni actionnaire, ni économiste, mais seulement une consommatrice lambda.

 

Le commerce équitable est un commerce issu d’un constat de spécialistes en économie : les consommateurs souhaitent une qualité assez constante et soutenue, et sont souvent prêts à payer quelques centimes de plus pour cette qualité. Ils ont davantage conscience qu’un bon café ne veut forcément dire des vies sacrifiées pour le produire, ce café. Quant aux producteurs, ils reçoivent une avance sur la récolte à venir, sous forme d’un salaire de base leur permettant de vivre de leur travail. Ils sont de plus incités à produire de façon biologique, sachant de plus en plus marier les essences d’arbres pour irriguer, drainer, retenir l’eau etc.

                                                                                                                      Claire
Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Les questions autour de l'Homme et la société
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Présentation

  • : Café-débat de Poissy
  • Café-débat de Poissy
  • : culture philosophie débat d'idées Culture
  • : Bienvenue à tous sur le blog du café-débat de Poissy qui entame sa huitième année d'existence. Ces séances ont lieu le 2e jeudi de chaque mois au restaurant "La Mama' de Poissy. Chaque mois un thème est sélectionné, sur lequel nous réfléchissons tous ensemble. C'st un moyen aussi de retrouver la convivialité des discussions autour d'un café, renouer avec la tradition des débats d'idées. Chacun vient avec ce qu'il est, ce qu'il pense, ce qu'il sait, sa curiosité et son envie d'échanger.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • : 29/02/2008
  • Contact

Recherche

Bergson, Nietzsche et cie...

 

 
                                           

Derniers Commentaires

 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés