Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 21:28
Peut-on voyager autour de sa chambre ? Bonjour, tout le monde ! C’est moi, Eve. Cela faisait bien longtemps que je ne vous avais pas rendu visite. J’ai beaucoup voyagé de par le cosmos, et je reviens poser mes valises sur notre bonne vieille Terre, comme à l’accoutumée. Vous me parlez de « voyager autour de sa chambre ». A priori, bien évidemment, la réponse est non. Seulement, si certains d’entre vous se posent cette question, c’est qu’elle existe vraiment. Alors, justement, en revenant sur Terre, j’ai pu interroger quelques personnes, contemporaines ou appartenant à l’Histoire. La question est celle de l’opposition entre la capacité physique de se mouvoir ─ ou non ─ et la mobilité et la puissance de l’esprit. On est bien d’accord qu’il s’agit d’un enfermement involontaire, car l’être humain est un éternel voyageur, et en dehors de cela, rien ne nous empêche de nous mettre en route. Voyager, c’est aller voir là-bas ce qu’il y a. Pour réfléchir à cela, il est nécessaire de se détacher du concret : à l’évidence, la maladie, la prison, ou même la routine trop étriquée d’un quotidien désenchanté nous attachent à un lieu précis, contre notre gré, comme la chèvre de Monsieur Seguin. Cet aspect concret n’est cependant pas anodin. J’ai connu un chef Touareg, il y a dix ans, grand spécialiste de la route du Sel, d’une culture et d’une connaissance inouïes concernant tous les pays du Sahel. Un jour où le Tchad vivait des heures sombres de répression policière, il fut emprisonné car dépourvu de carte d’identité digne de ce nom. Lui, si respecté de tous, si connu dans le désert, si habitué au vent et aux étoiles en guise de toit, eh bien cet homme mourut en une semaine. D’un autre côté, si la personne met de côté sa condition physique, elle peut réellement s’évader par la force de l’esprit. J’ai pu, en un temps, rencontrer Marco Polo. Lui qui, emprisonné pendant de longues années, put raconter avec passion à son voisin de cellule ses innombrables voyages. Etaient-ils tous véridiques ? Nul ne le sait. Mais de toute façon, ses années de geôle ont donné naissance à l’un des plus beaux récits de voyage qui aient existé. Se basant sur ses propres souvenirs de voyages, sur les récits de ses oncles, il réussit à convaincre tout le monde qu’il était allé jusqu’en Chine. Plus contemporaine ─ et très étonnante ─ est la vie de la famille Ou. Jeune fille élevée à la cour du roi du Maroc, Malika et sa famille furent enlevées un jour et placées dans une prison très isolée à la suite d’un problème politique. Une prison insalubre, des conditions de vie très misérables transformèrent la vie de cette famille en véritable cauchemar, de plus dans un isolement total (les membres de la familles étaient séparés). Malika, alors adolescente, grâce à une volonté extraordinaire, parvint à communiquer avec sa mère et sa sœur dans la cellule voisine. Chaque jour, elle leur racontait tout ce qu’elle avait appris à l’école auparavant. Puis, elle leur raconta des histoires ; des histoires d’hommes libres, des contes de fées, des récits de voyages. Pendant des années (20 ans). C’est apparemment grâce à cela, en dépit des mauvais traitements, que sa santé mentale, ainsi que celle de sa mère et de sa sœur, ont pu être préservées, à défaut de santé physique. Donc, le voyage, ce serait principalement aller vers une destination, tailler la route pour voir où s’arrête l’horizon ? C’est cela, incontestablement. Mais l’esprit, l’imagination, la mémoire, la culture ? Cela suffirait à nous donner des ailes ? A nous propulser vers une autre dimension ? Ce qui donnerait un voyage idéal, sans contraintes, sans problèmes pratiques ? Cela suffirait même à nous sauver du gouffre, à nous redonner le sens de la vie ? Qu’en pensez-vous ?
Par Café-philo de Poissy - Publié dans : L'Homme et le Monde - Communauté : Cafés-débats
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /2010 10:42

Meilleurs-voeux-de-la-part-de-toute-l-equipe-du-cafe-phil.jpg


De toute l'équipe du café-philo :Josiane, Isabelle, Jean-Louis, Claire, Annick, Angélique, Jean-jacques, Roger .
Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Thèmes - Communauté : Cafés-débats
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 07:09

Ça s'passe boul'vard Haussman à cinq heures
Elle sent venir une larme de son cœur
D'un revers de la main elle efface
Des fois on sait pas bien c'qui s'passe

Pourquoi ces rivières
Soudain sur les joues qui coulent
Dans la fourmilière
C'est l'Ultra Moderne Solitude

Ça s'passe à Manhattan dans un cœur
Il sent monter une vague des profondeurs
Pourtant j'ai des amis sans bye-bye
Du soleil un amour du travail

Pourquoi...

Ça s'passe partout dans l'monde chaque seconde
Des visages tout d'un coup s'inondent
Un revers de la main efface
Des fois on sait pas bien c'qui s'passe

On a les panoplies les hangars
Les tempos les harmonies les guitares
On danse des étés entiers au soleil
Mais la musique est mouillée, pareil

Ultramoderne solitude  (Alain Souchon)


Lien social : « ensemble des relations personnelles, des normes, des valeurs et des règles communes qui relient les individus » Pierre-Yves Cusset

 

 

Le lien social n’est-il pas plus fragile aujourd’hui, sous la pression d’une société vouée à la consommation, victime d’un individualisme triomphant ? Se défait-il inexorablement dans une société où l’égoïsme et l’indifférence ont remplacé les anciennes solidarités actives (familiales, de voisinage) ?

Un fait divers, relaté dans le Courrier des Yvelines, semblerait le confirmer ou l’illustrer : dans un des immeubles de Beauregard à Poissy , un homme a été retrouvé mort dans son appartement dans un état avancé de décomposition. Il était mort depuis plusieurs semaines et personne ne s’était aperçu de son « absence », ni les voisins, ni la famille.

Peut-être n’avait-il aucune relation de voisinage, et avait-il rompu tout contact avec sa famille, c’est possible.

C’est peut-être cela qui est dramatique, qu’un isolement pareil soit possible. N’être connu,  ni reconnu par personne.

            Nous semblons tous pris dans un réseau de relations familiales ou sociales qui nous préserve de l’isolement, si ce n’est de la solitude. Car on peut se sentir très seul alors même qu’on semble très entouré. Le sentiment de solitude peut naître du manque de communication avec l’entourage, du sentiment de ne pas être à sa place ou d’être incompris(e), comme il peut naître tout simplement de l’angoisse existentielle ; en effet nous sommes nés seuls et nous mourrons seuls. Ce sentiment qui nous étreint et qui fait couler ces « larmes » dont parle Alain Souchon est lié à la conscience de notre finitude, à la complexité de notre humaine condition.

            L’ultramoderne solitude n’est donc pas seulement ce sentiment mais plutôt une situation d’isolement qui peut frapper tout un chacun après un deuil, une séparation ou la perte d’un emploi.

 

L’organisation sociale repose en grande partie sur la séparation des sphères publiques et privées. La sphère publique recouvre « l’ensemble de l’espace ouvert à tous dans la société » par opposition à la sphère privée « dont l’accès et la visibilité sont beaucoup plus restreints », à mi-chemin entre les deux  le monde du travail et des associations où des interactions s’établissent, la sphère privée recouvrant essentiellement la vie familiale et amicale. Il suffit que l’individu perde sa place dans des univers où traditionnellement se nouent et s’entretiennent les relations, voire les deux pour se retrouver terriblement isolé. Cet isolement peut être renforcé par l’âge, la retraite, la perte d’êtres chers et l’éloignement des enfants et des petits-enfants, ou par une difficulté personnelle à communiquer.

L’éclatement des familles dans les années 60-70 , l’indépendance financière des femmes grâce au travail rémunéré, ont laissé plus de liberté à l’individu dégagé de la tutelle parfois pesante des parents et des grands-parents. Cette liberté s’est accompagnée  d’un certain isolement renforcé par l’anonymat des grandes villes.

            Le droit de choisir son travail, son lieu de vie, sa compagne ou son compagnon s’est accompagné d’une plus grande incertitude et d’une plus grande fragilité des individus face aux aléas du destin.

La pression du groupe social est moins forte ; le couple par exemple se forme à partir du sentiment amoureux et se désagrège une fois que ce sentiment a disparu (1), or la cellule familiale est encore à la base de l’organisation sociale, et rien ne vient la renforcer ou la remplacer lorsqu’elle se retrouve défaillante. D’autant plus que les parents sont loin et ne peuvent pas toujours aider leurs enfants dans les périodes difficiles. Et « on sait que des séparations …signifient pour bien des hommes, qui n’obtiennent pas la garde des enfants, une altération significative du lien qu’ils peuvent entretenir avec leurs enfants. Quant aux femmes, les séparations accroissent significativement leur risque d’isolement relationnel ». 

D’une part, l’accroissement des divorces et des familles mono-parentales s’accompagne d’une grande fragilité économique et d’une paupérisation d’une partie de la population- ce sont encore le plus souvent les femmes - d’autre part, ces difficultés économiques peuvent rendre plus sensibles les difficultés relationnelles et accroître l’isolement.

Les célibataires d’un certain âge savent bien qu’on les invite moins que lorsqu’ils étaient en couple parce que cela introduit une dissymétrie dans les relations. En effet souvent la communication s’organise par « paires », voire par sexe. Toute forme de ségrégation n’a pas disparu dans nos sociétés modernes. Il suffit d’observer les conversations mondaines : les femmes « bavardent », pendant que les hommes « discutent » : on retrouverait presque le fumoir du XIXe siècle.

D’après les études d ‘Arbonville et Bonvallet en 2003, la vie solitaire augmente(1). Il est de fait qu’en 2004, 14% des français vivaient seuls contre 6,1% en 1962. Mais vivre seul ne veut pas dire être isolé relationnellement car il y a nombre de célibataires qui ont une vie sociale importante et diversifiée. Ce qui n’est pas toujours le cas des personnes vivant en couple et qui ont tendance à se replier sur la sécurité d’une relation établie.

            Bien sûr, les sociologues observent ces nouveaux comportement et tentent de les analyser, d’isoler certains facteurs, l’amour « kleenex », les ruptures dans les figures traditionnelles de l’engagement, l’individualisme de nos sociétés, toutes chose induisant une grande fragilité du lien social.

 

Cette fragilisation  du lien social est due pour partie à l’acquisition de libertés nouvelles qui ont bouleversé les modèles traditionnels régissant la vie des individus . Ceux-ci ont « peu à peu acquis une capacité à se définir par eux-mêmes », se libérant « des dépendances qui les liaient étroitement au collectif, qu’il s’agisse de la famille, du clan, de la communauté villageoise ou de la société dans son ensemble ». L’individu est donc moins porté par les traditions et les institutions, ce qui peut causer un certain désarroi. Quel modèle adopter ? Quelles valeurs choisir ?

            Pour autant, retournerions-nous en arrière ? Certainement non , si les modèles du passé ont quelques vertus, ils ne sont pas non plus dépourvus de vices. Reste alors à inventer … Les hommes et les femmes qui pianotent devant leurs ordinateurs, qui « tchattent » sont-ils peut-être à la recherche de cela.

Annick.

 

(1)   En 1960, 9,6 divorcés pour 100 mariages, 37 divorces pour 100 mariages en 2001.

Source : Pierre-Yves Cusset « Les évolutions du lien social, un état des lieux »

 

 

Bibliographie

Singly F(de), 2003, Les uns avec les autres. Quand l’individualisme crée du lien., Paris, Armand Colin

 

Le lien social Pierre Bouvier

·                                 Essai (poche). Paru en 09/2005

Depuis quelques années, l'expression fait florès : faire du théâtre dans des banlieues défavorisées ou bien organiser un repas de copropriété, c'est «faire du lien social». On ne saurait préciser plus avant ce que l'on veut dire, sinon le sentiment que les poussées individualistes et communautaires dénoncées de toutes parts traduisent une fragilité de la volonté de vivre ensemble.
Pierre Bouvier, croisant la sociologie et l'anthropologie, cerne cet objet si particulier qu'est «le lien social». Particulier car l'objet a longtemps préexisté au mot. Dès la révolution industrielle et ses effets de paupérisation massive, philanthropes et philosophes se sont inquiétés des effets de destruction des liens sociaux traditionnels. La «question sociale» a été posée, qui reprenait les grandes interrogations d'un Rousseau ou d'un Hobbes sur la violence des rapports entre humains que le marché ne pouvaient réguler. La question prit à ce point de l'importance qu'elle devient l'objet d'une discipline nouvelle, la «science de la société» : la sociologie s'inventa en même temps qu'elle inventa l'expression «lien social». La chose avait trouvé son mot.
Aujourd'hui, devant les transformations des rapports sociaux, sous l'effet notamment des réorganisations imposées par la mondialisation, l'objet à nouveau échappe au mot : des formes de lien social alternatives, fragiles mais volontaires, cherchent à se créer – squat, manifestations festives de masse, associations, etc. – dont l'anthropologie, par sa culture des rites d'appartenance et des échappées belles hors du temps contraint, peut rendre compte.

Le lien social Serge Paugam

  2009

Il n’est pas rare d’entendre parler de « crise du lien social », de la nécessité de « retisser » ce lien. Le terme désigne alors un désir de vivre ensemble, de relier les individus dispersés, d’une cohésion plus profonde de la société. Pour le sociologue, cette notion est au fondement de sa discipline tant l’homme est, dès sa naissance, lié aux autres et à la société non seulement pour assurer sa protection face aux aléas de la vie, mais aussi pour satisfaire son besoin vital de reconnaissance, source de son identité et de son existence en tant qu’homme.
Cet ouvrage explicite le sens d’une notion centrale depuis Durkheim, présente une typologie des liens sociaux et de leurs possibles fragilités. Il propose de repenser le lien social aujourd’hui, pour mieux relever les défis contemporains de la solidarité.
PUF Que sais-je ?

Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Les questions autour de l'Homme et la société - Communauté : Cafés-débats
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /2009 08:56

         

 

          Avec ce sujet, nous n’aurons probablement pas trop de mal à tomber d’accord sur la définition des termes ! Il faudra pourtant nous demander ce que ce « nous » signifie : une collection d’individus qui écrivent chacun leur propre histoire ou  une collectivité, par exemple une nation ou même l’ensemble des êtres humains qui écrivent l’Histoire avec un grand H. Mais, après tout, les deux ne sont-ils pas nécessairement liés ?

          Quoi qu’il en soit, il est clair que nous abordons là les thèmes de la liberté, de la responsabilité et de la destinée humaine.

Mais, prenons les choses une à une. Tout d’abord, un individu écrit-il son histoire et dans quelle mesure ?

          Les avis peuvent diverger du tout au tout. Pour les déterministes, tout est déjà « décidé ». L’individu ne fait que vivre une histoire qui est déjà écrite. Ce point de vue radical peut prendre diverse formes par exemple « scientifique » (on n’échappe pas à ses gènes) ou religieux (c’est la volonté de Dieu). On peut rapprocher cette position de celle de certains psychologues qui estiment que « tout se joue avant six ans » : ceci signifiant que le rôle de l’éducation sociale et parentale est déterminante (on n’échappe pas à son passé).

          D’autres pensent que, certains paramètres sont prédéterminés mais qu’il reste une marge de manœuvre. Par exemple l’astrologie décrit les traits de caractère, les goûts,les préférences, etc.  des différents signes du zodiaque, affine avec le thème de chacun  mais estime que tout individu a sa propre façon de vivre ces caractéristiques. D’autres psychologues on un point de vue différent et affirment que « nous pouvons toujours faire quelque chose avec ce que nos parents ont fait de nous » ! Ce dernier point de vue explique la naissance de la  psychanalyse avec Freud, puis des divers courants de psychothérapie. En effet, pourquoi entreprendrait-on une démarche de ce genre si rien ne pouvait changer !

 

          Si l’on veut être plus précis lorsque l’on parle du  courant de pensée qui défend l’idée que l’individu n’est pas libre de ses choix, il faudrait parler de « nécessitarisme » plutôt que de déterminisme qui au sens propre du terme s’applique dans le champ scientifique et qui implique que les mêmes causes provoquent les mêmes effets. Le nécessitarisme étant un déterminisme psychologique.

Dans le même ordre de pensée, il faut, bien entendu, évoquer le fatalisme. On pense, bien entendu, au fatalisme religieux avec l’Islam, mais aussi avec le jansénisme et une partie du protestantisme. Ainsi, Weber évoque dans son ouvrage « l’Ethique du protestantisme » le fait que la grâce divine étant donnée ou non à chacun indépendamment de son comportement, les individus travaillent pourtant avec ardeur et s’appliquent à gagner beaucoup d’argent. Ils n’espèrent pas ainsi gagner leur paradis mais « vérifier » qu’ils font partie de ceux qui bénéficient de la grâce. Les nécessiteux en étant, à l’évidence, dépourvus !

          Le fatalisme est aussi une doctrine stoÏcienne, encore que les StoÏciens n’excluent pas la liberté. En effet, ils considèrent que, même si tout est déterminé, chaque individu réagira  au destin à sa propre façon. Au siècle des lumières, Diderot développera aussi des idées proches mais plus radicales avec le Nécessitarisme moderne. Pour lui, ce sont des causes extérieures à nous qui « nous font agir », il n’y a ni a ni ne peut y avoir d’êtres libres.

          La position fataliste est intéressante en ce sens qu’elle peut produire des effets contradictoires: par exemple une bravoure à toute épreuve puisque la mort cueillera indifféremment sa proie sur le champ de bataille ou dans son lit. On lui attribue généralement l’attitude contraire à savoir la paresse : à quoi bon s’agiter si tout est écrit.

 

Bien entendu, ces différents points de vue ont été critiqués, parfois de façon plaisante. Cicéron, par exemple se moque du fatalisme en évoquant le malade qui mourra ou guérira de sa maladie quoi qu’il fasse. Dans ces conditions, pourquoi appeler le médecin ! Quand à Niels Bohr, il remarque que même les fatalistes les plus radicaux regardent avant de traverser !

 

          Et si nous écrivions notre histoire ?

          Nous avons vu que même les nécessitaristes et certains fatalistes reconnaissent à l’être humain un certain degré de liberté. Même si notre liberté n’est pas entière, est-il possible d’exclure notre responsabilité dans le déroulement de notre vie ?

Dans la mesure où il semble difficile d’affirmer autre chose que notre propre point de vue sur le sujet, il me paraît plus intéressant de nous demander ce qu’il vaut mieux croire pour augmenter notre bien être et nos chances de vivre une vie qui ait du sens  pour nous. Et comme il semble que les hypothèses que nous posons influencent les résultats que nous obtenons, Je voterai résolument pour la responsabilité qui, suppose, bien sûr la liberté d’écrire son histoire, même si, il faut bien avouer que la chose n’est pas aisée pour tous ni à tous moments.

 

 

          Si le « nous » est pris dans un sens collectif, nous pouvons aussi nous demander si nous écrivons notre Histoire. A l’évidence, ces différents courants de pensée peuvent s’appliquer à cette question. Elle en pose néanmoins une autre. Notre attitude individuelle de tous les jours contribue-t-elle à écrire l’Histoire ?

Il y a fort à parier que les adversaires du fatalisme radical qui sont probablement plus nombreux aujourd’hui que leurs tenants déclareront que oui, notre attitude a une influence sur le cours de l’Histoire. En effet, si ce n’est pas le résultat final de l’action de chacun d’entre nous, qui donc est en mesure de l’écrire ? Nos hommes politiques, nos dictateurs, nos gourous sont-ils arrivés où ils sont par hasard ?

Il est clair que, même si nous avons conscience « d’y être pour quelque chose », cette responsabilité est tellement diluée que grande est la tentation d’imiter Ponce Pilate… Les autres ou le « destin » seront les grands responsables …

 

Josiane

 

 

Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Philosophie, anthropologie, métaphysique - Communauté : Cafés-débats
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /2009 10:23

Si l’humanité s’apprend...ou bien s’oublie...
La question de l’humanité ne va pas de soi, un homme n’est pas forcément humain.

En effet, il y a l‘espèce humaine qui est définie de manière descriptive à partir de ses caractéristiques tels que la station debout, la locomotion bipède, le langage...
Puis la nature humaine qui désigne l’ensemble des caractères communs à tous les hommes, quelles que soient leurs différences culturelles, ethniques, religieuses...
Et l’attitude humaine, avec un sens de prescription morale ou comportementaliste .
Dans ce sens, l’humanité sert à qualifier une attitude de bonté, de bienveillance et de respect envers les autres. Pour cela, l’autre est reconnu et considéré dans ce qu’il a d’humain, avec ses différences dans son apparence ou sa façon de vivre.

Quels apports culturels nécessite un petit humain pour devenir humain ?

On dira, « l ‘éducation, évidemment ! » Seulement cette éducation n’est pas forcément dispensée ou n’est pas obligatoirement orientée vers les mêmes valeurs selon les époques et les cultures...Humanité, notion relative et évolutive ?

Pour qu’un homme soit humain, on suppose qu’il est doué d’intelligence, de réflexion, d’empathie et qu’il a une conscience du bien et du mal...On sait bien que c’est loin d’être une généralité ! Sinon, il n’y aurait aucun problème.

Ce qui m’intéresse, c’est comment, en certains lieux (milieu carcéral...) ou certaines circonstances (violence ambiante...), on peut régresser jusqu'à atteindre un niveau de barbarie telle qu’on en vient à oublier notre humanité. Pourquoi ? Survivre en milieu hostile ? S’adapter et peut-être même trouver une place qu’on n’avait pas dans un cadre social qui nous a banni.
 
Je pense à une prison Sud-africaine, où les pires criminels sont entassés dans des cellules et livrés à eux même...Là, une hiérarchie  se crée, aussi précise qu’un corps d’armée : il y a un général (appelé  « général ») , des officiers, des sous-officiers et les autres, divisés en plusieurs clans eux même hiérarchisés.
Le général a un droit de vie et de mort sur n’importe qui dans la prison, même les gardiens sont concernés, c’est pourquoi ils se doivent d’être constamment sur leurs gardes car « l’exécution » peut venir de n’importe qui, n’importe où et n’importe quand, une fois qu’elle est prononcée.
Le « général » était interviewé par des journalistes car une nuit, un détenu « condamné » avait été tué par ses co-détenus et son cœur avait été partagé et mangé...Il disait aussi avoir toujours connu la violence, être incarcéré depuis plus de 30 ans et n’avoir jamais reçu d’amour...Il n a pas appris..
L’instinct de survie peut faire oublier toute compassion ou autre qualité humaine ; intégrer un groupe ou suivre un mouvement pour être du bon côté... 


Angélique
Par Café-philo de Poissy
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /2009 10:15
Barbe - bleue, rouge - sang,  rouge - colère ; bain de sang ;
Armes de destruction massive, armes sophistiquées, biologiques, ou simplement  
                                                                    le couteau de cuisine ou la machette ;
Rien ne résiste à ce néant de l’âme ;
Bien au-delà des coups eux-mêmes, il faut absolument
Anéantir tout ce qui fait l’autre dans ce qu’il a de plus humain ; ne
Rien laisser qui puisse nous rappeler l’étincelle divine en chacun de nous ; l’
Identité doit être bafouée, piétinée, dépecée. Ce n’est pas tuer l’autre 
                                                 l’important ; c’est détruire tout ce qu’il peut être.
Eventrée, éviscérée, écartelée physiquement mais aussi bien sûr moralement, la
                          personne humaine dérangeait. Il fallait à tout prix évincer toute
                          particule qui puisse nous ramener à l’idée de son intégrité                  
                          (culturelle, physique ou morale).

                                                   **********

                   Cependant, les particules voyagent dans l’univers, et quelqu’un, un jour, va se souvenir de ce massacre ; et sans doute reprendre la mémoire de ce qui était avant l’anéantissement, afin de tenter d’apprivoiser la paix. Il est du moins indispensable, je crois, de conserver cet espoir en nous. Je ne sais pas s’il y a Dieu quelque part, mais je crois qu’en tant qu’humains, on a intérêt à éviter autant que possible la barbarie. Toutefois, la violence cachée, sociale, économique, à mes yeux fait partie de la barbarie, et elle est aussi difficile à enrayer que la barbarie sanguinaire.

                                                                                                                             Claire
Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Philosophie, anthropologie, métaphysique
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /2009 11:07
Je recherche un professeur de philosophie bénévole, qui accepterait d'être notre consultant en matière de bibliographie.
Annick responsable du blog
Par Café-philo de Poissy
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /2009 20:04


 Etre humain, ça s'apprend
?
Piloté par Angélique

Un fonctionnement un peu différent désormais puisque les articles du blog seront rédigés quasi-exclusivement par ceux qui ont choisi les sujets(pour l'instant les animateurs du café-débat). Dans le cas où ils seraient dans l'impossibilité de le faire, il n'y aura pas d'article. Veuillez nous en excuser par avance.

Les commentaires sont ouverts.

Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Philosophie, anthropologie, métaphysique - Communauté : Cafés-débats
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 17:57

le 8 octobre :
Une réalité peut-elle être virtuelle ?
Restaurant La Mama à 20H30 au premier étage.

Piloté par Isabelle
1) Recherche sémantique
2) Le virtuel et les nouvelles technologies


Un fonctionnement un peu différent désormais puisque les articles du blog seront rédigés quasi-exclusivement par ceux qui ont choisi les sujets(pour l'instant les animateurs du café-débat). Dans le cas où ils seraient dans l'impossibilité de le faire, il n'y aura pas d'article. Veuillez nous en excuser par avance.


Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Philosophie, anthropologie, métaphysique - Communauté : Cafés-débats
- Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /2009 18:34

Avec internet et les jeux vidéos, nous sommes entrés dans ce que certains nomment "l'ère du virtuel" . Nous pouvons avoir une existence dans ce monde virtuel sur des sites tels que Face book, Second life, où nous pouvons acheter, nous faire des amis, visiter des musées, des maisons,créer des entreprises etc. Sur la wii, nous pouvons être performant au tennis alors que nous sommes nuls à ce sport dans la vie . De quelle genre de réalité s'agit-il exactement ? Quelle différence y-a-t-il entre un utilisateur d'une technologie moderne et un "no life" qui vit dans le virtuel au point de ne plus sortir de chez lui . Passer sa vie sur Second life nous conduit-il à devenir un "no life" ? Le monde virtuel s'inscrit-il dans la continuité de notre culture où instaure-t-il une rupture avec les valeurs et les idéologies de l'époque moderne ?

 

 

 

Définition, d'après Fuchs, Le Traité de la réalité virtuelle, 1996 :

La réalité virtuelle est une simulation informatique invasive, visuelle, sonore et/ou haptique, d'environnements réels ou imaginaires.

Sa finalité est de permettre à un ou plusieurs personnes une activité sensori-motrice et cognitive

dans un monde artificiel, créé numériquement, qui peut être imaginaire, symbolique ou une simulation de certains aspects du monde réel.

L'expression « réalité virtuelle » remonterait à Antonin Artaud qui définit ainsi le théâtre dans son essai Le théâtre et son double, 1938

 

 

 

 

Second Life, un des des exemples de réalité virtuelle les plus connus:

Second Life est un monde virtuel en 3D, créé en 2003 par Linden Labs. Il s'agit d'un monde vierge à coloniser, à peupler, à développer et à construire ensemble. On arpente ce monde dans la peau d'un « avatar » (sorte de double à personnaliser) où rien n'est construit à l'avance, aucune règle n'est prédéfinie. Il a été défini comme « Un environnement social imprévisible et dynamique ».

Ce n'est pas un jeu de rôle car il n'y a pas de mission à accomplir. Le lien avec la réalité est l'argent. En effet, l'argent gagné dans ce jeu peut être converti en dollars.

Second Life n'est donc pas qu'un jeu copiant la réalité, il en constitue une extension.

 

Second Life et l'ère du cyborg : les relations entre « l' âme » et le corps :

Il propose aux usagers les moyens d'accéder à une seconde vie . Mais quelle vie? Une double vie? Une autre vie? Pour quoi faire? Comment s'articulent la vie réelle et la vie virtuelle?

Pour Françoise Choay, historienne de l'architecture, le recours à la 3D et à la création assistée par ordinateur soulève la question de notre condition d'homme. «  Nous vivons de moins en moins par notre corporéité ». En effet, l'échelle d'action de l'usager d'un ordinateur connecté au réseau et inscrit à Second Life se résume au pouvoir des doigts qui tapent sur les touches du clavier et des yeux qui regardent ce qui se joue sur l'écran de l'ordinateur. De fait, les potentialités du corps de l'usager sont mises en sourdine : le corps est atrophié, la seule gymnastique possible est une variation de position entre le clic, l'attente et la frappe sur le clavier Pour F. Choay, on retrouve cette posture chez certains architectes qui projettent dans la réalité un monde d'images virtuelles : ils ne font plus appel à tous leurs sens, à leur corps entier, oubliant leur main qui dessine, négligeant la sensibilité de leur peau, les mouvements de leurs jambes, de leurs bras. C'est tout le problème pour F. Choay pour qui « nous n'accédons à la condition d'homme, au statut de vivants dotés de la parole et du pouvoir symbolique, que par la médiation de cet objet naturel qu'est notre corps ». Or, Second Life ne promet pas et ne permet pas de basculer physiquement dans un monde de données.

En revanche, la puissance de déplacement de l'avatar est sidérante: il peut voler et se téléporter. Ces capacités héritées du jeu vidéo permettent de découvrir et de percevoir différemment un environnement issu de données. Cependant, contrairement au jeu vidéo, les avatars possèdent une dimension psychologique complexe et trouble : dés lors que le dialogue s'établit, le mystère de la rencontre humaine se joue.

Ainsi, il semble que les rapports entre l'humanité de l'homme et son corps soient au coeur de ce débat. Cette question apparaît également dans la réflexion sur l'homme/machine, les clones, les cyborgs qui constituent d'autres extensions du corps humain, voire d'autres alternatives. L'homme a toujours rêvé que la conscience échappe à la décomposition, à la mort corporelle, le corps étant le signe d'une insupportable finitude, un frein au désir d'absolu et d'éternité censé caractériser l'homme. Cette conviction expliquerait que la plupart des sagesses, occidentales ou orientales, invitent à faire abstraction du corps afin d'en émanciper l'âme ou de coincider avec le Tout. Il n'est donc pas étonnant que les hautes technologies qui contribuent à dématérialiser les corps, en les convertissant, par exemple, en flux d'informations ou en les réduisant à leur structure microphysique, rencontrent ces sagesses et s'en réclament parfois. Le dualisme de la pensée et de la matière affirmé par Descartes est la forme moderne qu'a prise la disqualification ancestrale du corps. Avec Descartes, l'homme ne devait qu'à son âme d'échapper à l'animal, son corps représentant ce qu'il y avait de plus « inessentiel », obstacle à l'autonomie, à l'émancipation de la raison. Il semble donc que nous ayons eu depuis toujours l'obsession de mettre à la raison ce corps qui nous impose des limites, de le discipliner jusqu'à l'effacer. Ce désir de dépasser la corporéité qui nous rive au sol et nous condamne à mourir un jour est paradoxal car il mettrait un terme au désir qui a besoin du corps pour se manifester.

         Cette question est cruciale à l'heure actuelle où les développements technologiques laissent augurer une relève de l'humanité par quoi nous serions dispensés de naître, de souffrir et de mourir : fin de la naissance, grâce aux perspectives ouvertes par le clonage et l'ectogenèse; fin de la maladie, grâce aux promesses des biotechnologies et de la nanomédecine; fin de la mort non voulue, grâce aux techniques dites d'uploading, téléchargement de la conscience sur des matériaux inaltérables dont les puces de silicium ne sont que la préfiguration.

          Le transhumanisme dessine un avenir où le corps n'aura plus sa part, ni non plus aucun des déterminismes (psychobiologiques ou sociaux) qui nous enchaînent à la nécessité et font de nous de simple données naturelles. Le fantasme de l'homme remodelé, puis intégralement fabriqué, fait plus que jamais partie de l'imaginaire d'aujourd'hui. Il est dans la continuité des illusions générées par la modernité.

 

 

Virtuel et psychalalyse:

Alors que la vie réelle est structurée par le travail, la vie personnelle et les affaires familiales, les nouvelles technologies activent en chacun l'illusion que les pulsions et les désirs n'ont aucun obstacles à franchir pour être gratifiés. En ce sens, Second Life offre un exemple de perception de la réalité qui rencontre une trace profondément enfouie et oubliée dans les représentations d'un plaisir sans limites. Ce n'est pas un hasard si Internet est devenu en quelques années un objet d'addictions. Ce nouveau média propose des formats de communication et de recherche d'informations sans clôtures, les plus accros témoignant du sentiment de liberté, d'autonomie, de puissance qu'Internet leur procure.


          Second Life appartient à ces univers offerts par les nouvelles technologies qui, dans la continuité des chats, conjuguent la virtualité des dimensions matérielles physiques (l'espace et le corps) avec l'actualité du temps réel et des conversations écrites. Dans l'environnement d'un monde multimédia en 3D, l'avatar mime les comportements de la vie quotidienne, donne la sensation d'être en présence d'autre participants. L'individu derrière son écran éprouve un sentiment de continuité entre ce qui est vu et projeté sur l'écran et ce qui est ressenti au même moment dans la réalité. Comme dans le rêve, on se voit dans une réalité dédoublée, ce qui pose la question de l'imaginaire et du désir au coeur des relations entre jeu et réalité, perceptions et représentations, dedans et dehors.


          Le désir se définirait comme la recherche psychique et pulsionnelle interne qui vise à retrouver la jouissance première dont la trace est inconsciemment fixée. Dans l'addiction avec Internet, et particulièrement avec Second Life, c'est que ce monde virtuel offre une perception de la réalité qui restaure des sensations, des émotions agréables que les véritables accros ne ressentent plus dans d'autres contextes.

Ces perceptions plongeraient leurs racines dans l'unité duelle de la mère et du nourisson. Dans ce monde dont on a perdu le souvenir conscient, l'unité du moi-mère constitue l'horizon de notre univers infini, où les besoins n'ont pas à s'exprimer qu'ils sont déjà satisfaits, sources d'un plaisir perceptif et sensoriel illimités. Arraché à ce sentiment de béatitude, disait Freud, le sujet ne cessera plus d'aspirer à retrouver, quitte à l'halluciner, cette présence enveloppante à l'origine de la jouissance de notre être au monde. En ce sens, Second Life est une métaphore de l'expérience de communication sensorielle originelle qui fonde le lien à l'objet de dépendance et l'envie d'y retourner afin de jouir sans fin des sensations et des émotions qu'il procure.       
          Or, dans Second Life, la réalité extérieure ne vient pas barrer ce désir impossible de fusion. L'internaute retrouverait sans limites, dans le plaisir régressif d'être connecté en permanence, une représentation du maternel oublié.

 

 

Isabelle

 

Bibliographie à venir!

Par Café-philo de Poissy - Publié dans : Philosophie, anthropologie, métaphysique - Communauté : Cafés-débats
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander

Présentation

  • : Café-débat de Poissy
  • Café-débat de Poissy
  • : culture philosophie débat d'idées Culture
  • : Bienvenue à tous sur le blog du café-débat de Poissy qui entame sa huitième année d'existence. Ces séances ont lieu le 2e jeudi de chaque mois au restaurant "La Mama' de Poissy. Chaque mois un thème est sélectionné, sur lequel nous réfléchissons tous ensemble. C'st un moyen aussi de retrouver la convivialité des discussions autour d'un café, renouer avec la tradition des débats d'idées. Chacun vient avec ce qu'il est, ce qu'il pense, ce qu'il sait, sa curiosité et son envie d'échanger.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • : 29/02/2008
  • Contact

Recherche

Bergson, Nietzsche et cie...

 

 
                                           
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés