
1) L'amitié -impressions de lecture par Jean-Louis
2) "Deux amis" - Maupassant
3) La force de l'amitié : comment se faire des amis et les conserver.
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Impressions de lecture
La force de l'amitié
Jan Yager
Petite bibliothèque Payot
Jan Yager est une sociologue américaine. C'est un livre très facile à lire, chaque notion est présentée avec un ou plusieurs exemples tirés de l'expérience de l'auteur ou de celle de ses relations.
Quelques points :
Les facteurs importants dans une amitié sont la confiance, l'honnêteté, la fidélité, la loyauté, une bonne écoute, le fait d'avoir des idées en commun et d'éprouver de l'amour.
L'amitié tend à s'établir entre ceux qui s'aiment ; partagent des valeurs similaires ; ont des personnalités semblables ; vivent (ou travaillent) à proximité l'un de l'autre ; ont le même âge.
Il existe deux schémas d'amitié distincts : les amitiés masculines, plus distantes et moins intimes, mais plus conséquentes ; et les amitiés féminines, plus émotionnelles, plus proches et (parfois) plus explosives.
Le livre montre comment conserver ses amis, une phrase d'un ami est présentée avec la bonne réponse à faire et aussi la mauvaise réponse.
Il y a aussi un questionnaire pour calculer son « quotient de compatibilité amicale ».
Voici un livre qui vous permet de :
Classifier ses amis, le meilleur, le proche, l'ordinaire ;
lister 10 astuces pour aider une connaissance à devenir votre ami ;
conserver ses amis ;
sauver une amitié ;
bien gérer la fin d'une amitié ;
se créer un réseau d'amis, utile dans sa vie professionnelle.
La question que l'on peut se poser est : les relations amicales ne sont elles qu'une affaire de technique ? Suffit-il de suivre un stage pour se créer des amis ?
J'ai relu la nouvelle de Maupassant : « Deux amis ».
Il y a au début une définition de l'amitié :
Chaque dimanche, il rencontrait là un petit homme replet et jovial, M. Sauvage, mercier, rue Notre-Dame-de-Lorette, autre pêcheur fanatique. Ils passaient souvent une demi-journée côte à côte, la ligne à la main et les pieds ballants au dessus du courant ; et ils s'étaient pris d'amitié l'un pour l'autre.
En certains jours, ils ne parlaient pas. Quelque-fois ils causaient ; mais ils s'entendaient admirablement sans rien dire, ayant des goûts semblables et des sensations identiques.
L'amitié
Sous la direction de Pierre Brunel
Éditions Vuibert
Ce livre analyse les trois ouvrages étudiés dans les classes préparatoires scientifiques : l'éthique à Nicomaque d'Aristote ; les faux-monnayeurs d'André Gide ; en attendant Godot de Samuel Beckett.
Le livre d'Aristote est le plus intéressant pour notre débat.
Plusieurs points peuvent alimenter notre réflexion.
L'amitié est une condition nécessaire à une vie réussie, mais une tâche qu'il nous incombe de mener à bien. Ceci à condition que les événements nous soient favorables. La présence d'amis vertueux auprès de celui qui les mérite n'est jamais garantie.
Tout le monde a besoin d'amis. Même les gens comblés par la fortune, ne serait-ce que pour partager leurs richesses.
Le type d'amitié varie avec l'âge, nos amis d'enfance ne sont pas les mêmes que nos amis d'adulte.
L'amitié est basée sur une certaine similitude, on perçoit facilement l'ami car il est un autre nous-même.
L'amitié est basée sur le réciprocité. Il note l'écart entre les protestations d'amitié et les actes qui les démentent ou en révèlent les limites. Il insiste sur la mutualité ; notre amitié ne peut s'adresser qu'à un être qui nous rend la pareille, si on considère les animaux, ce sont « nos amis les bêtes », mais sommes-nous « leurs amis les hommes » ?
Il distingue trois sortes d'amitié : L'agréable, qui nous fait plaisir, par exemple liée à la pratique de la même activité ; l'utile, quand on cultive l'amitié de ceux qui peuvent nous rendre service ; la vertueuse qui consiste à aimer l'autre pour l'amour de lui-même. Seule la dernière sorte caractérise pour Aristote la véritable amitié.
L'amitié est prouvée par des actes et une façon d'être. Les hommes ne sont pas de purs esprits, ils ont une nature concrète, le bien qu'ils poursuivent n'est pas une idée mais une réalité.
L'amitié suppose-t-elle l'égalité ? Est-ce que des statuts sociaux différents nuisent à une amitié ?
Faut-il s'aimer pour aimer ? Aristote propose une comparaison de l'amitié avec autrui et du rapport à soi-même, pour montrer que fondamentalement, nous éprouvons pour nous-même ce que l'on se doit d'éprouver pour son ami.

QU’EST-CE QUE PROFITER DE LA VIE ?
D’après le dictionnaire, le verbe profiter se déploie autour de deux grands axes grammatico-sémantiques : « profiter de »(transitif) et « profiter »(intransitif) .
- Profiter de l’occasion, de la situation, des avantages de , signifie faire un gain, s’enrichir, jouir de, exploiter, employer, utiliser, exploiter.
- Profiter a aussi le sens de pousser, croître, grandir, se développer, fructifier, progresser.
Nous pouvons orienter notre réflexion sur « Profiter de la vie » autour de ces deux axes.
Profiter de la vie, c’est jouir de l’instant présent « Joie, pleurs de joie » dit Pascal . Ce sont la joie, le plaisir, l’extase, la volupté qui connaissent un début et une fin et sont donc limités dans le temps. On est dans le domaine du fugace, de l’éphémère .
On oppose traditionnellement la joie au bonheur qui s’inscrit dans la durée, la plénitude, la continuité, le Temps .
Cependant, le bonheur ne serait-il pas l’illusion que pourrait se prolonger et survivre une joie dont on sait qu’elle ne naît que pour mourir ?
Le bonheur pourrait être la nostalgie du passé qui passe par le souvenir des « bons moments », épurés de leur contexte et accessibles à l’infini . Ceci permet en effet de jouir en toute quiétude de ses souvenirs . Un sociologue évoque à cet égard une enquête effectuée sur des japonais qui devaient dire quel était pour eux le meilleur moment dans un voyage . Ils ont répondu très majoritairement que c’était le moment où ils regardaient leurs photos .
La jouissance de l’instant présent est ainsi problématique puisqu’on suppose le sujet pleinement accaparé par des contingences diverses (gestion de l’appareil photo, des effets personnels, orientation dans un lieu inconnus, files d’attentes et autres paramètres qui l’empêchent de vivre pleinement le moment présent . On peut même parler de dichotomie de la conscience qui ne peut à la fois être dans l’agir et dans la jouissance de cet agir qui suppose une distanciation nécessaire . La plaisir en temps que jouissance d’un souvenir appartiendrait ainsi davantage au domaine de l’imaginaire que du réel .
On retrouve ce décalage temporel dans le désir qui permet également de faire durer un plaisir imaginaire (car non encore advenu) . La consommation de ce plaisir qui viendra y mettre un terme est comme une « petite mort » .
Profiter signifie également, croître , se développer . Il contient l’idée d’accomplissement de soi ; développer ses aptitudes, ce pour quoi l’on est fait . Cela renvoie à l’ adage grec : « Connais-toi toi-même, deviens ce que tu es . »
La pensée chrétienne connaît une illustration intéressante de cette idée en la parabole des talents (Evangile selon St-Matthieu) .
En résumé, un homme, avant de partir longtemps, appelle ses trois serviteurs et leur remet ses biens . Au premier il remet 5 talents, au deuxième 2 talents, au troisième 1 talent, à chacun selon sa force . A son retour, l’homme va voir ses serviteurs : les deux premiers ont su doubler leur mise et l’homme les en félicite . Quant au troisième, il rend à son maître l’unique talent qu’il a reçu en disant : « j’ai eu peur, alors je l’ai caché dans la terre . » L’homme le maudit et le chasse . Il donne le talent à celui qui en a dix .
Un talent est d’abord une unité monétaire ; c’est aussi un don .On retrouve ainsi les deux sens du verbe profiter de : faire un gain, s’enrichir sur le plan matériel mais aussi sur le plan personnel .
Pour la pensée chrétienne, les talents représentent à un premier niveau les dons reçus qui viennent de Dieu . Les hommes ont donc l’obligation de les faire valoir, quels qu’ils soient et non simplement de les protéger en les gardant intacts .
A un deuxième niveau, il s’agit d’une manière plus générale du don que Dieu a fait aux hommes d’avoir été créés conscients, libres et responsables . Il s’agit là d’une incitation à devenir dans notre liberté souveraine .Si l’important est de vivre, l’urgent est de bien vivre . En effet peut-on vraiment profiter de la vie sans rien accomplir de ce pour quoi l’on est fait, de ce à quoi l’on aspire ?
Isabelle
Le bonheur est plutôt un état continu, à moins que l'on ne parle que de moments de bonheur. Il faut peut-être davantage aimer la joie qui est plus
de l'instant ou du présent entièrement vécu. Quand au plaisir, il est éphémère, et à rechercher sans cesse.
Un grand dossier sur le bonheur sur nouvelobs.com
(les résumés sont en construction)
- Pourquoi les grecs : retour aux
sources ou régression?
Dans cet article, le journaliste essaie de
comprende le soudain regain d'intérêt pour les sagesses antiques. Le désarroi contemporain, la perte de repères, autant que la recherche d'une certaine spiritualité peuvent expliquer ce retour
aux sources. Apaiser la souffrance et l'angoisse du devenir grâce à la sagesse antique dont le pivot est la conception cyclique du temps, où tout revient sans cesse à son commencement. Il s'agit
alors de chercher une sagesse qui nous aide à accepter l'inévitable et le destin, à comprendre où est notre place dans le monde. Plus de progrès qui oriente l'avenir auquel personne ne croit
plus vraiment, attitude qui révèle peut-être un certain désenchantement et un réel renoncement.
- Nietzsche contre la
religion du bien-être
Dans cet article, Marie Lemonnier conduit une fausse interview de Nietzsche.Selon lui, fuir la douleur n 'est pas le gage d'une vie heureuse. C'est d'ailleurs impossible car plaisir et déplaisir
sont intimement liés. Et parfois pour obtenir l'un, il faut accepter l'autre. L'ivresse du coureur ne s'obtient qu'après une série d'entraînements difficiles. Il prend l'image de la création qui
ne s'obtient pas sans les douleurs de l'enfantement. Aussi une vie réussie dépend , avant tout, de la façon dont les douleurs ont été affrontées. Il ne s'agit de chercher le bien-être ,
un confort mesquin ou de petits plaisirs dus à la consommation qui inévitablement anesthésient la vie, mais au contraire d'"intensifier" la vie. Cela seul est possible à un "homme qui est capable
de s'asseoir au seuil de l'existence, en oubliant tous les moments passés ou à venir".
Au fond, le bonheur n'est qu'une idée, il faut plutôt expérimenter la vie. C'est en cela que réside la vraie sagesse, aimer la vie heureuse ou
malheureuse.
- Emmanuel Kant : ce qu'est une vie réussie.
Pour Kant, le bonheur n'est pas le bien suprême, il n'est pas une fin en soi. Au mieux, il se mérite; il est le bonus que l'on n'a
pas cherché à obtenir. Pour tout dire, le seul bonheur, serait la satisfaction d'avoir obéi à la loi morale, "ne fais jamais rien que tu ne voudrais pas qu'on te fasse". Cela rappelle quelques
souvenirs aux quadragénaires... je me demande si notre génération n'a pas été éduquée avec ce genre de principes.. Pas rigolo du tout. Quelque chose d'austère ou le sacrifice de soi est souvent
inévitable.
- L'indispensable
illusion (par Jean Daniel)
Le bonheur s'inscrit dans la durée, alors que la joie habite l'instant. C'est pourquoi le bonheur semble
difficilement d'ici-bas car il se love dans l'intemporalité, l'aspiration àla vie éternelle et au paradis
La sagesse antique ou asiatiue pense le bonheur comme l'absence de douleur.Or, il ne suffit pas de ne pas souffrir pour ête heureux. Supprimer le désir peut conduire
à ce type de bonheur qui ressemble au repos, où rien ne se passe, et où guette inévitablement l'ennui ou l'insensibilité aux êtres et aux événements.
Le bonheur, état continu, ne se vit pas au présent mais représente un pari sur l'avenir, ou une nostalgie
du passé. Soitnostalgie négative d'un bonheur qu a été et ne reviendra plus (la jeunesse etc), soit nostalgie positive.
La consommation de l'objet du désir entraîne la mort du désir. La joie qui lui est liée ne naît donc que
pour mourir car elle est née d'une intensité présente. Vouloir le bonheur est donc une entreprise vaine mais une illusion nécessaire. Car l'homme vit, travaille, élabore des projets
essentiellement pour être heureux.
- Une doctrine libertaire et révolutionnaire: Spinoza et nous (par Robert Misrahi)
- Nommer le bonheur a quelque chose de sacrilège (par Claudio Magris)
- L'erreur de Pascal: Montaigne ou la lucidité (par Jean Lacouture)
- De Sade à Fourier: le laboratoire des utopies
(par Jacques Julliard)
- 1789: le salaire du bonheur (par Mona Ozouf)
- Epicure-Marc Aurèle: le match
- L'Obs a interviewé Emmanuel Kant... Ce qu'est une vie réussie
- Le bonheur est dans le désenchantement: La méthode Schopenhauer
- Bouddhisme : le chemin de l'éveil
- Islam : le bonheur est dans le jardin
- La révolution de la, psychologie positive
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